Le collectif Noo Lank a déchiré hier l’arrêté du préfet de Dakar
interdisant sa manifestation à la place à la Nation. Face à la presse, les
membres du mouvement disent être résolus à poursuivre leur combat contre la
hausse des prix. Ils comptent tenir d’autres manifestations les 12 et 17
septembre prochains avec d’autres organisations citoyennes.
Le collectif Noo Lank est
dans tous ses états suite à l’interdiction de sa marche pacifique par le préfet de Dakar jeudi dernier. En conférence de presse hier avec huit autres
organisations citoyennes, les membres de Noo Lank ont juré que la décision
préfectorale constitue une violation à la liberté de manifester. Selon le
secrétaire général, Mouhamed Diallo, les raisons invoquées pour proscrire leur
marche, sont illégales. “Nous dénonçons vivement cette pratique du préfet. Les
invocations évoquées dans sa lettre sont encore plus scandaleuses. Il a évoqué
des risques de troubles à l’ordre public, des risques de propagation de la
Covid et l’entrave de la liberté de circulation. Or, comme le rappelle la cour
suprême dans son arrêt n°19 du 23 mai 2019, (il) viole l’article 14 de la loi
n°78-02 du 29 janvier 1978 relative aux réunions”, a-t-il déclaré. Avant de
poursuivre : "aucune disposition n’est en vigueur actuellement pour
interdire les manifestations aux risques de propager le virus. Les lieux les
plus rassembleurs accueillent toujours du monde. Le préfet n’est pas censé
violer la loi en toute connaissance de cause”, s’est-il indigné.
Le collectif Noo Lank
estime également que la décision de l’autorité administrative ne repose sur
aucun fondement juridique. D’après Pape Abdoulaye Touré, membre du groupe,
l’arrêté préfectoral n’est motivé que par des fins politiques. “Osons le dire,
c’est une interdiction politique car le préfet de Dakar a reçu des ordres
émanant de ses supérieurs. Il a violé les textes. Il a même violé la
constitution. Parce que sa décision est aux antipodes de la constitution.
L’article 8 de la constitution donne l’autorisation à tout sénégalais épris de
justice d’aller manifester. C’est ce qu’on appelle la liberté de manifestation
et c’est un droit fondamental et inviolable”, a déclaré Pape Abdoulaye Touré.
Initialement prévue hier,
la manifestation pacifique devait être, selon le collectif Noo Lank, un cri de
cœur contre la cherté de la vie. Il devait s’agir, pour eux, de dénoncer
l’augmentation “exorbitante” des prix des produits de grande consommation. La
marche devait aussi être une aubaine, d’après Noo Lank, pour exprimer leur
courroux face aux nombreuses inondations ayant affecté bons nombres de
citoyens. Mais malgré tout, ceux-ci ne
comptent pas baisser les bras. En symbiose avec l’Association des
consommateurs, le Frapp France Dégage, And taxawu Àskan Wi, la coalition Jotna
et CRD, entre autres organisations, le collectif Noo Lank compte défier
l’autorité préfectorale et tenir d’autres manifestions. “Une lettre
d’information sera déposée tout de suite à la préfecture de Dakar. Parce que le
vendredi 17 septembre prochain, nous, le collectif Noo Lank et toutes ces
organisations de la société civile, allons marcher avec ou sans autorisation,
de la place de l’Obélisque au rond-point de la RTS. Nous allons dénoncer la
cherté de la vie car le fer, le ciment, le loyer, les denrées alimentaires ont
tous connu une hausse dans ce contexte de covid et des inondations,” a signalé
Pape Abdoulaye Touré.
Dans la même veine, le
coordonnateur du collectif And Taxawu Àskan wi, Ababacar Mbaye, a informé de la
tenue d’une manifestation ce dimanche à Guédiawaye. Il s’agira, d’après lui,
d’un concert de casseroles pour exiger la baisse des prix des denrées de
première nécessité. “Nous remettons ça encore pour le dimanche prochain 12
septembre à partir de 09h à la porte centrale du lycée Limamou Laye. Nous
demandons à la population de s’habiller totalement en rouge et de venir à la
marche. Nous allons faire un concert de casseroles pour demander à l’État de
baisser systématiquement les prix. Si d’ici le 12 les prix restent intacts,
nous allons lancer la campagne manifestation fépp, manifestation partout”,
a-t-il averti.

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