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dimanche 29 août 2021

INCENDIE AU BUILDING ADMNISTRATIF MAMADOU DIA : Plus de peur que de mal !

Le building administratif Mamadou Dia en feu

L’incendie qui s’est produit hier au building administratif Mamadou Dia a instauré la psychose à Dakar-Plateau. L’intervention rapide des secours a cependant permis de maitriser le feu en deux de lutte. Il n'y a pas eu de blessés, mais de dégâts matériels ont été causés par les flammes. 

12h passées de quelques minutes. C’est une scène de panique qui se déroule aux alentours de l‘immeuble du building administratif Mamadou Dia. Ce, suite à l’incendie qui vient de se déclarer il y a quelques instants au dixième étage qui abrite deux salles de conférence et un restaurant. De loin, automobilistes, vendeurs et passants ont les yeux rivés au sommet du bâtiment, d'où la fumée noire se dégage à grandes pompes sur la toiture et sur plusieurs fenêtres. 

Au premières minutes du feu, c’est le sauve-qui-peut total à l’intérieur de l’immeuble. Alertés par un système d’alarme et d’évacuation, des membres du personnels, plantés aux neuf autres étages, empruntent les escaliers et piquent un cent mètre vers l’extérieur du bâtiment. En un temps record, les forces de défense et de sécurité interviennent par vagues et quadrillent les principales artères menant au building administratif. Venus en appui aux secours en permanence dans le bâtiment, une dizaine de camions de la brigade nationale des sapeurs-pompiers ceinturent l’immeuble. Les soldats du feu déploient les gros moyens et se lancent dans la lutte contre flammes au dixième étage du building administratif Mamadou Dia. 

Pendant ce temps, c’est l’ire et la consternation, derrière deux barrières placées sur la chaussée. Peur, angoisse et grogne, c’est tout ce qui se lie sur le visage des occupants du building évacués. Accroupis, bras croisés ou adossés sur les murs et des voitures, ces quelques centaines d’agent n’ont que leurs yeux pour observer la fumée qui ressort toujours de la toiture du bâtiment administratif. Ainsi, l'origine de l’incendie reste la source de toutes les interrogations. Accroché, cet homme sous couvert de l’anonymat vient de déserter le building. Teint clair, chemise rose, badge accroché au cou, dit tout ignorer de la cause du feu. “Je n‘en sais rien. C’est la seule question qui nous préoccupe tous ici ” coupe-t-il court. Revenant sur les premiers instants de la déclaration de l’incendie, l’agent à la voix meurtrie se livre : “Je suis arrivé dans le building aux environs de 11h30mn. Étant en plein travail, j’ai subitement entendu la sonnerie de l’alarme d’incendie. C’est ainsi que j’ai pris la fuite en empruntant les escaliers car les ascenseurs ne sont pas conseillés dans ces situations. J’ai laissé tous mes affaires à l’intérieur. Là, je suis obligé d’attendre si je pourrais y retourner ou pas ”. Près de lui, Ousmane est venu au travail ce matin avant de sortir. L’homme aux vêtements traditionnels beige fait son retour sur les lieux avec surprise. Il s’explique. “J’étais sorti il y a quelques instants. Quand je suis revenu, j’ai été très surpris de voir l’immeuble en feu. J’ai tout laissé dedans. Me voilà les mains vides”, affirme-t-il. Mais malgré tout Ousmane dit être optimiste, vu la mobilisation et l’engagement des secours. “Je reste serein. Puisque les sapeurs-pompiers sont en train d’éteindre, le feu je garde mon calme. Seulement, je ne sais pas quand est-ce que la situation sera maitrisée”, lance-t-il. 

Après deux heures de lutte, les sapeurs-pompiers parviennent à éteindre l’incendie déclaré au dixième étage du building administratif. Ouf de soulagement pour les personnes évacuées qui sont toujours interdites d’accès à l’intérieur. En effet, les enquêteurs de la Direction de la Police Technique et Scientifique (DPTS), arrivés sur place depuis une trentaine de minutes, entrent en jeu pour mettre en lumière l’origine de l’incendie. 

“Il n’y a pas eu de dégâts corporels graves”

Venu constaté les faits, Abdou Latif Coulibaly, ministre secrétaire général du gouvernement, a fait face la presse vers les coups de 15h pour faire le point sur l’état de la situation dans le building administratif. Il déclare : “Nous avons constaté aux environs de 12h10 minutes un départ de feu au dixième étage du building administratif Mamadou Dia. Ce dixième étage abrite deux salles de conférence, un restaurant et une cuisine. Les sapeurs-pompiers ont permis de circonscrire le feu uniquement à cet étage et de l’éteindre aux environs de 14h10 minutes”, relate-il.  “Il y a eu des dégâts matériels concernant le faux plafond du dixième étage dans la partie restaurant. Il y a quelques dégâts sur l’autre partie mais qui ne sont pas très conséquents. Il n’y a pas eu de dégâts corporels graves. Un mécanisme de sécurité incendie et un système de désenfumage et un système de renouvèlement d’air ont permis de sécuriser les occupants. Au moment où nous parlons le feu est totalement éteint,” rassure le ministre secrétaire général du gouvernement.

L’origine de l’incendie inconnue, l’enquête en cours

Abdou Latif Coulibaly informe toutefois que les causes de l’incendie restent pour l’heure indéterminées. Il s’explique : “les forces de défense et de sécurité qui ont accompagné l’intervention des sapeurs-pompiers ont été présentes. En collaboration avec les tous les techniciens qui sont commis à cette tâche, ils sont en train de mener les investigations techniques qui permettront de déterminer de façon plus précise ce qui a été au départ de l’origine de feu et également expliquer si le système mis en place de façon optimale et de procéder à des recommandations”, renseigne, le ministre, précisant toutefois que l’incendie s’est déclaré au moment où se tenaient des travaux au niveau du dixième étage. 

Lieutenant-colonel Pape Ange Michel Diatta, commandant du Groupement d’Incendie et de Secours N°1 :  “l’opération n’est pas encore terminée...”

“C’est aux environs de 12h50 minutes que nous avons été alertés sur un feu au niveau du building administratif. Très rapidement nos unités se sont déployées. Beaucoup de moyens ont été engagés parce qu’il fallait partir au-delà du niveau sinistré et prendre en compte l’ensemble de l’immeuble. C’est ce qui a fait qu’on a déployé 24 engins de tout le groupement d’incendie et de secours n°1. On a également eu le renfort de la compagnie spéciale de sauvetage et de déblaiement de même que la compagnie du port. Mais il faut retenir qu’on a une unité sur place qui, après l’éclatement du feu, a procédé très rapidement à l’évacuation de tous ceux qui étaient à l’immeuble. Il n’y a eu ni de victimes ni personnes intoxiquées. À l’arrivée du renfort, l’incendie a été maitrisé au bout de deux heures de lutte contre les feux, les flammes et les fumées. Présentement, l’opération n’est pas encore terminée. Les sapeurs sont toujours sur le site pour compléter les opérations de déblais et de dégarnissage. Ça va être une opération assez longue car il faudrait qu’on s’assure qu’il n’y ait aucune reprise de feu dans les coins et recoins de l’immeuble”.

Moustapha Diakhité




mardi 24 août 2021

BACCALAUREAT 2021 : 65% des candidats de l’institut Al Azhar admis au Bac

Institut Al Azhar

À l’institut d’études islamiques Al Azhar, 752 candidats ont obtenu leur baccalauréat, sur 1154 au total. Un taux de réussite de 65% qui hisse le groupe scolaire au rang des meilleures écoles privées du Sénégal.

L’institut d’études islamiques Al Azhar a réalisé “des performances records” pour le compte de l’examen du baccalauréat cette année. En effet, sur 1154 candidats, 752 sont admis. Soit un taux de réussite de 65% selon un communiqué parvenu à L'Actuel. Un chiffre qui dépasse largement le taux d’admission au niveau nationale, établie à 44,65%. Le groupe scolaire Al Azhar a également annoncé que 222 mentions ont été obtenues parmi les 752 admis. Des résultats admirables, selon le groupe scolaire Al Azhar, fruit d’un “encadrement rigoureux des enseignants très dévoués et une administration prête à tout pour hisser le groupe au rang des meilleures écoles privées du Sénégal”.

Ainsi, pour booster davantage leurs compétences en matière de connaissances, les bacheliers en Arabe de l’institut islamique Al Azhar seront orientés à l’Université Cheikh Ahmadou Bamba (UCAB), d’après le communiqué. 

En se basant sur la philosophie de Cheikh Ahmadou Bamba, le temple du savoir, crée en 2006 par Serigne Mame Mor Mbaye, va mettre un dispositif de formation islamique pour outiller les futurs étudiants. Selon la note, l’accent sera mis sur “l’apprentissage, le développement des facultés morales et physiques, c’est-à-dire de l’éducation basée sur les valeurs prônées par le serviteur du Messager d’Allah.” Ce qui permettra de trouver des réponses pertinentes aux difficultés relatives au système de l’éducation.

Ces dernières années “ce dispositif a connu, d’après l‘institut Al Azhar, une ascension fulgurante grâce, d’une part, au concours d’éminents universitaires du Sénégal et du monde entier, et d’autre part, aux innombrables innovations relatives notamment à l’enseignement des sciences, des technologies de l’ingénierie et des mathématiques.”  

Moustapha Diakhité 


  

BEACH SOCCER SENEGAL : Les jeunes talents en soif de réussite


Image d'illustration
Les nombreuses performances de l’équipe nationale du Sénégal de beach soccer ne laissent pas indifférents les amoureux du football. Rencontrés à la plage ce dimanche ceux-ci considèrent que le foot de plage est l’un des sports les plus pratiqués au Sénégal. Impératif donc, pour eux, de soutenir davantage les jeunes talents du afin de mieux mettre en valeur le beach soccer. 

Comme chaque dimanche matin, Mbaye Ndiaye vient à la plage de Diamalaye pour se consacrer au foot de plage, plus connu sous l’anglicisme Beach Soccer. Âgé d’une vingtaine d’année, cet habitant des HLM Grand-Médine enchaine les matchs et les victoires depuis son arrivée tôt ce matin. De teint noir, maillot Barça imbibé de sueur, jambes couvertes de sable et bouteille d’eau à la main, Mbaye s’apprête à rentrer chez lui. Parlant du foot à la plage, il exprime sa passion sur ce sport tant prisé. “Chaque dimanche je viens à la plage avec mes amis pour jouer au foot. Nous faisons cela depuis maintenant 10 ans. Le football est une vive passion pour moi. Nous sommes dans un pays où tout le monde le pratique, que ce soit dans les quartiers ou dans les terrains de foot. Mais nous, nous avons choisi la plage car il y a plus d’espace et c’est plus passionnant ”, estime-t-il. 

Tout comme Mbaye, des centaines de jeunes viennent de partout pour jouer au beach soccer dans la matinée de ce dimanche. Sous un soleil de plomb, ils montent des “petits camps” long des plages allant de Cambérène à Yoff. Formant des équipes de six, ces passionnés de foot jouent, pieds nus, avec ardeur. À cela s’ajoutent la physique, la technique et la rapidité à l’image de l’équipe nationale de Beach Soccer qui ne cesse d’enchainer les performances. En effet, les hommes du coach Ngalla Sylla ont démarré en puissance la coupe du monde de Beach Soccer qui se tient présentement en Russie. Ce, en battant l’Uruguay lors de leur premier match vendredi dernier 6 buts à 1 et en l’emportant hier face au Portugal 5 buts à 3. De bons exploits que rêvent de réaliser les plus jeunes. Toutefois, selon eux, le foot de plage reste l’un des sports les plus rabaisser. Pour Mbaye Ndiaye, le manque d’appui en est la cause : “Il y a beaucoup de jeunes talentueux qui viennent chaque fois ici et qui font de grands matchs. Ils rêvent tous de faire leur carrière dans le foot de plage. Mais il n’y a aucun promoteur qui vient ne serait-ce que pour superviser les jeunes talents ici ”, déplore-t-il. 

Quelques pas en direction de la plage de BCEAO, un groupe d’amis est en train de jouer au ballon rond devant la mer. Munis de dossards vert et jaune, ceux-ci, ayant l’air d’être professionnels, jouent avec rigueur tout en respectant les règles du football. Assis à même le sol, Adama Ndoye figure dans l’équipe qui va jouer le prochain match. Casquette noire à tête, tenue de sport et genouillère bien serrées, Adama dit avoir pratiqué le beach soccer dans le championnat du Sénégal. Un sport qui, dit-il, est en net recul. Ceci s’explique, d’après lui, par l’absence de moyens financiers. “Les moyens manquent dans le foot de plage. Les équipes ne sont pas assez outillées. Elles sont dévalorisées. Les équipes devraient suffisamment être appuyées vue que l’équipe nationale fait de bonnes performances chaque année” déclare-t-il en gesticulant. Adama Ndoye cite de plus d’autres raisons qui rabaissent le beach soccer, parmi lesquelles figure le football européen. Il déclare : “la plupart des gens s’intéressent plus aux championnats européens comme la ligue des champions. Parce qu’il y a plus de moyens et cela contribue à la dévalorisation du beach soccer. Les gens sont plus focalisés aux équipes à l’étranger que les clubs de beach soccer ici ” argue Adama Ndoye. 

Ainsi, pour donner la chance aux jeunes talents, certains considèrent que les promoteurs doivent assister aux foots de plage et recruter les plus talentueux dans les clubs de foot. C’est le cas de Moussa Kane, venu en voiture avec ses amis aux parcelles Assainies pour jouer au ballon rond. Long de taille, barbe couvrant son visage, Moussa voue une passion débordante pour le football. Seulement pour lui, nombreux sont les jeunes qui rêvent de réussir dans le football. Ceux-ci, doivent selon lui, être appuyés pour leur faciliter la réussite dans le football. “ Il y a beaucoup de jeunes qui rêvent d’être footballeurs professionnels de nos jours. Ils ont abandonné les études et n’ont que la plage pour s’adonner au football. Ils viennent ici tout le temps et s’entrainent durement. Il faut savoir que le foot de plage est plus difficile que le foot dans les terrains gazonnés. Les promoteurs doivent donc penser à prendre part aux matchs de plages pour repérer les jeunes talents”, affirme Moussa Kane. Qui ajoute : “ Il faut donc que les autorités en charge du football au Sénégal viennent en appui aux jeunes ici. Ils sont pétris de talents et ils méritent d’être recrutés dans les championnats ou dans les équipes nationales ”.

Intégrer l’équipe nationale de Beach Soccer, c’est le souhait de nombreux jeunes à la plage. Mais malgré leurs profondes ambitions, ils restent bloqués par des moyens financiers. 

Moustapha Diakhité 



 

AVIS DE GRÈVE DU COMES : Les médecins en spécialisation désertent les hôpitaux

Médecins en spécialisation

Pour exiger le paiement de leurs bourses de spécialités et l’amélioration de leur quotidien, le Collectif des Médecins, Pharmaciens, Chirurgiens-Dentistes en Spécialisation du Sénégal (COMES) lance une grève de 48h renouvelables à compter de ce lundi 23 Août. 

Les médecins en spécialisation, regroupés autour du COMES, dénoncent les nombreuses difficultés qu’ils rencontrent dans les établissements publics de santé. Dans un communiqué parvenu hier à L'Actuel ils annoncent une grève de 48h renouvelables les 23 et 24 Août 2021. Ce, disent-ils, pour déplorer “le retard de paiement des bourses de spécialité, ainsi que la réticence du ministère de la Santé et de l’Action Sociale à se lancer dans un vaste chantier de réformes visant à améliorer le quotidien des spécialistes sur l’ensemble du territoire sénégalais”. Pour le Collectif des Médecins, Pharmaciens, Chirurgiens-Dentistes en Spécialisation du Sénégal des pourparlers ont été lancés entre les médecins et le ministère de la Santé. Toutefois, ce dernier n’a pas respecté ses engagements. “Il y a eu des promesses non tenues de la part de l’autorité de tutelle, en l’occurrence le ministère de la Santé et de l’Action Sociale. Depuis lors on a privilégié la négociation mais il s’est trouvé qu’il n’y a pas eu de suite par rapport à quatre points principaux”, a déclaré Dr. Makhan Danfakha, chargé de la communication du COMES, joint par EnQuête. 

Citant les points de discordes, il affirme : “Il y a d’abord 4 mois d’arriérés de bourses de spécialisation et d’allocations de stage rural qui n’ont pas été payés. Il y a aussi le manque de motivation hospitalière pour les DES (Docteurs en Spécialisation) au niveau des hôpitaux alors qu’ils effectuent l’ensemble du travail sans être payés. Ce qui est irresponsable”, a-t-il fustigé. 

M. Danfakha d’ajouter, “Le piédestal de la lutte est le fait qu’on n'a pas encore de statut car pour le moment il n’y a pas de réglementation indéfinie en rapport avec le statut du DES qui est dans un hôpital sans connaître ses devoirs et son rôle. Tout cela devrait être édifié ”, a-t-il affirmé au bout du fil, révélant que des réclamations ont été faites au niveau du ministère de la santé, sans suite. 

Les médecins en spécialisations regrettent enfin l’absence de prise en charge au niveau des établissements hospitaliers. D’après le chargé de la communication du COMES, “les directeurs des hôpitaux peinent à appliquer” l’arrêté du ministère de la Santé, rendant obligatoire la prise en charge des médecins en spécialisation ainsi que de leurs familles dans les établissements publics de santé.

Les docteurs du COMES qui fustigent le manque de solutions définitives face à leurs difficultés, se disent également être sous-estimés. Pour Makha Danfakha, les médecins en spécialisation sont réduits au rang de simples étudiants en stage dans les hôpitaux. “On est considéré comme de simples étudiants. Alors que nous sommes des docteurs assermentés pour la plupart. On ne peut être DES sans avoir un diplôme de doctorat d’État soit en médecine, soit en pharmacie.”

Ainsi, s’il n’obtient pas gain de cause, le COMES envisage d’autres plans d’actions. “Il est prévu un point de presse qu’on compte organiser le mercredi après les 48h pour revenir en détail sur l’avis de grève et éventuellement pour se prononcer sur la suite à donner par rapport à notre mot d’ordre ”, a assuré Makhan Danfakha, chargé de la communication du COMES. 

Moustapha Diakhité 

samedi 21 août 2021

CAMPAGNE NATIONALE DE VACCINATION : Pénurie de vaccins au district Dakar-Nord


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Alors que la vaccination se déroule bien à la Place de la Nation située au centre de Dakar, une pénurie de vaccins est en cours à l’heure actuelle dans certains centres de santé, au district Dakar-Nord.

C’est la cohue ce mercredi matin au centre de santé Nabil Choucair sis à la Patte d’Oie. Devant l’entrée principale, automobilistes, marchands ambulants, piétons et patients s’offrent un bain de foule. Les uns vaquant à leurs occupations, les autres entrant ou sortant de l’hôpital. Munis de leurs masques, malades, visiteurs et candidats aux test Covid-19 font la queue sur de longs banquets en bois déposés près de la porte du centre de santé. Ils attendent d’être appelés par les soignants. À l’intérieur de la structure sanitaire des va-et-vient s’enchainent dans les couloirs. Les agents sécurités, soucieux des enjeux sécuritaires, contrôlent les flux de patients dans les corridors et sur le jardin. Une affluence inédite dans l’hôpital Nabil Choucair surtout en ces temps de pandémie marqués par la virulence du variant delta.
Toutefois, malgré la présence de plusieurs dizaines de visiteurs dans le centre sanitaire, aucune personne n’est venue se faire vacciner. Ce, du fait de la suspension de la campagne de vaccination. Approchée de près à l’entrée, une source médicale renseigne. “Il n’y a pas de vaccination aujourd’hui. La campagne est suspendue depuis plusieurs semaines du fait de la non disponibilité des vaccins ”, souffle-elle. Une déclaration que confirme une autre source de bonne foi, bien parée dans sa blouse rose floquée du logo du ministère de la Santé et l’Action Sociale. Croisée dans les couloirs, elle révèle suite à une un échange “Nous sommes en rupture de stock depuis un certain temps. Raison pour laquelle on ne vaccine plus. Les 3 types de vaccins, à savoir l’AstraZeneca, le Sinopharm et celui de Johnson & Johnson manquent. Mais la campagne va redémarrer pour bientôt car d’autres vaccins (140 160 doses d’AstraZeneca) ont été réceptionnés récemment”, explique-t-elle. Mais relancée pour plus d’informations pour le cas des vaccins chinois et américains, cette dernière répond par un hochement des épaules et renvoie la balle au niveau des autorités hospitalières. 
Une pénurie de doses confirmée au sommet. Il faut monter à l’étage, en passant par le jardin, pour faire face au local où sont nichés les bureaux de la médecin-cheffe et ceux de ses assistants. Derrière le portail noir en grille, pointe le vigil. La médecin-cheffe étant absente, ses secrétaires indiquent alors que la superviseure de la vaccination est plus habilitée à s’adresser à la presse. La superviseure, c’est docteur Awa Mbaye. Trouvée dans son bureau, la dame de taille courte, aux lunettes et au masque bien portés est en plein dans l’œuvre. Yeux rivés sur ses nombreux documents, docteur Mbaye, stylo à la main droite, se sent perturbée. Interpellée sur l’arrêt de la campagne de vaccination au centre Nabil Choucair, elle affirme : “Actuellement on n’administre pas de vaccins parce qu’il n’y a pas de vaccins. Les doses qu’on avait acquises sont épuisées depuis un certain moment ”. À la tentative de la tirer les vers du nez pour plus d’informations, Dr. Mbaye coupe court, justifiant que son supérieur est mieux informé qu’elle. 
Situé au district nord, le centre de santé Nabil Choucair est l’un des points de vaccination les plus fréquentés. “Au début, la vaccination se faisait sur le parking, à la devanture du centre car il y avait beaucoup de candidats qui venaient se faire vacciner. Mais maintenant, c’est à la grande porte du stade Léopold Sédar Senghor que cela se fait. Ce, pour éviter les rassemblements ici et les risques de contamination ” explique la source médicale trouvée à l’entrée. Toutefois, Nabil Choucair n’est pas le seul centre de santé affecté par une rupture de stock.

Le centre Mame Abdou Aziz Dabakh en attente de ses prochaines doses 

À quelques mètres de là, cap au centre de santé Mame Abdou Aziz Dabakh des Parcelles Assainies. Contrairement à la forte affluence à l’hôpital Nabil Choucair, patients et visiteurs viennent à compte-goutte ce mercredi au centre sanitaire située à quelques pas de la municipalité. Immersion à l’intérieur, la distanciation physique et le port de masque sont respectés par les clients. Installés sur le long du banc circulaire fait en carreaux, ces derniers attendent également d’être consultés par les soignants. Mais dans le couloir menant à la zone de vaccination, un silence de mort règne. Seuls les pas des ménagères font échos dans certaines pièces. Aucune personne n’est venue se faire vacciner ce jour. Un fait que confirme docteur Sané,  la responsable de la vaccination au centre de santé Mame Abdou Aziz Dabakh. Trouvée dans son bureau, la professionnelle de santé à la blouse de médecin et aux lunettes bien portées étudie avec concentration ses fiches tenues dans ses mains. Évoquant la situation de la vaccination dans le centre sanitaire, elle informe : “À l’heure actuelle on ne fait pas de vaccination parce que les doses sont épuisées. Mais on ne va pas tarder à relancer la campagne car les vaccins arrivent. On n’a passé notre commande auprès du ministère de la Santé et de l’Action Sociale ” dit-elle d’une voix rauque. 
La situation au centre de santé Nabil Choucair est similaire à celle qui prévaut qu’à Mame Abdou Aziz Dabakh. 14h, le médecin-chef du centre sanitaire, Dr. Abdoulaye Senghor, vient de quitter la zone tampon, où sont pris en charge les patients atteint de la Covid-19. Trouvé dans son bureau situé à l’étage, M. Senghor reçoit tour à tour ses visiteurs. Blouse blanche couvrant son costume noir, coudes posés sur sa table, le médecin-chef annonce à son tour l’arrivée de prochaines doses de vaccins. “On a reçu des doses de vaccins d’AstraZeneca qui sont là. Nos propres doses sont en train d’être acheminés. Et si possible la campagne pourrait reprendre dès demain (jeudi) pour ceux qui avaient pris leurs premières doses d’AstraZeneca et ceux qui n’ont pas encore été vaccinés ” certifie-t-il. En ce qui concerne les vaccins Sinopharm et Johnson & Johnson, Dr. Abdoulaye Senghor confirme la pénurie et révèle : “Pour l’instant on ne peut que nous contenter de ce qui est sur la table. Puisque ce sont les vaccins d’AstraZeneca qui sont disponibles, on s’en limite. Parce que ces vaccins nous ont été administrés par le biais de l’initiative Covax. Maintenant pour le cas des vaccins Sinopharm et Johnson & Johnson, il faut un partenariat avec les présidents des pays respectifs de ces vaccins pour en avoir ” déclare le médecin-chef du centre de santé Mame Abdou Aziz Dabakh qui invite par ailleurs les populations, particulièrement les personnes âgées à venir se faire vacciner pour mieux se prémunir.
Moustapha Diakhité

samedi 14 août 2021

EMIGRATION CLANDESTINE : 32 migrants sénégalais dans l'enfer d'Agadez


Migrants bloqués à Agadez

Candidats à l'émigration clandestine, 32 migrants sénégalais ont été détenus depuis maintenant 3 mois dans des hangars de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) à Agadez, une ville située au nord du Niger. L’alerte a été lancée hier, dimanche, par l’ONG Horizons Sans Frontières (HSF) de Boubacar Seye.

Les images rendues publiques sur les réseaux sociaux font froids dans le dos. Des migrants, jeunes pour la plupart, sont laissés à eux-mêmes dans un hangar, où s’abat une forte pluie. Balais, seau et lampes torches entre les mains, certains d’entre eux tentent d’évacuer les eaux pluviales à l’extérieur du camp. D’autres, pieds nus, habits mouillés et visages marqués par les stigmates de la peur, n’ont que leurs yeux pour voir leurs matelas, nattes, entre autres bagages et ustensiles être imbibés d’eau.  “Aidez vos compatriotes sénégalais. Nous sommes retenus dans l’OIM de Niger à Agadez. Voilà ce que nous vivons pendant la pluie. Nous errons matin et soir sous l’orage sans assistance”, témoigne l’auteur de l’une des vidéos. 

Ils sont au total 32 migrants de nationalité sénégalaise à être internés depuis le mois de mai dans des camps appartenant à l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), dans la ville nigérienne d’Agadez. L’ONG Horizons Sans Frontières qui a fait l’annonce dans la matinée d’hier dimanche, renseigne qu’il s’agit d’émigrés clandestins sénégalais interpellés au cours de leur périple en Europe. Selon la source, les uns ont été interceptés en Algérie et les autres aux larges des côtes Libyennes. Ils ont ensuite été expulsés à Agadez, où ils vivent entassés dans des hangars d’après Boubacar Seye, Chercheur en migration internationale et président de Horizons Sans Frontières. Joint au téléphone, il déclare : “Ils sont dans des situations d’extrême urgence à Agadez depuis plus de 3 mois. Ils sont retenus sous des hangars dans des conditions extrêmement précaires. Il faut rapidement qu’on aille les prendre parce que non seulement il y a les risques liés à la pandémie de la Covid-19, mais il y aussi le fait qu’ils n’ont rien à manger ” relate Boubacar Seye.

En plus de la trentaine de sénégalais, d’autres émigrés de nationalités étrangères figuraient également dans le lot des migrants détenus au nord du Niger. Toutefois, ceux-ci ont été assistés et ramenés dans leurs pays respectifs. Un fait déplorable selon le patron de HSF. “ Le plus dramatiquement dans cette affaire est qu’ils (les migrants sénégalais) ont été interpelés avec d’autres nationalités tels que des ivoiriens et des camerounais. Mais ces derniers ont été pris en charge et rapatriés par les autorités respectives de ces pays. Maintenant au niveau du Sénégal, ils sont poireautés avec des promesses non tenues de l’OIM ”, s’insurge-t-il au bout du fil. 

Des migrants “voués à l’esclavage...”

Reclus depuis plus de 3 mois, ces migrants sénégalais se disent être voués à l’esclavage et exploités dans les hangars de l’OIM. “ Il faut que l’OIM arrête d’exploiter la misère de ces migrants pour des raisons personnelles. Ces jeunes sont là-bas depuis 3 mois, mais à quelle fin ? Parce que ça pose problème qu’ils soient bloqués dans des tentes dans des conditions inhumaines avec tous les risques de Covid qu’ils encourent sans que rien ne soit fait”, tonne Boubacar Seye. Il ajoute : “la question qu’on se pose est la question sur la gestion des fonds alloués à l’OIM dans le cadre de la lutte contre l’émigration clandestine. Nous en tant qu’organisation de défense des migrants, nous voulons être édifiés sur le travail de l’OIM. Nous voulons savoir ce que cherche l’OIM en bloquant ces jeunes sans avertir l’État du Sénégal”, se demande au téléphone le président de Horizons Sans Frontières.

“Il faut que l’État nous dise où sont passés les fonds destinés à la lutte contre l’émigration clandestine...”

Dans leurs vidéos devenues virales sur le net, les 32 migrants sénégalais n’ont exprimé qu’un seul souhait, quitter les camps nigériens de l’OIM. Ils sollicitent ainsi le soutien des autorités gouvernementales afin d’être rapatriés au Sénégal. Un appel que réitère Boubacar Seye, tout en dénonçant un échec dans les politiques de lutte contre le chômage. “Nous tirons l’alerte sur le plan internationale pour que l’État prenne ses responsabilités. Ce qui se passe n’est rien d’autres qu’un échec de taille XXL dans la prise en charge des problématiques liées à l’emploi des jeunes, en chômage endémique et structurelle. Nous appelons au sens de l’honneur parce qu’il y aura une intensification des flux migratoires sous l’aiguillon de l’extrême pauvreté dû au Covid-19” affirme-t-il. Boubacar Seye n’a pas manqué à évoquer les fonds fiduciaires de l’Union Européenne (118 milliards FCFA) destinés à combattre l’émigration clandestine. À l’en croire, un audit de cette somme devrait être faite pour mieux au solutionner au phénomène de la migration. “On revient sur la gestion scandaleuse de ces fonds contre l’émigration clandestine. Il faut qu’on nous dise où sont rentrés ces fonds parce que le phénomène est encore-là. La migration continue de dévoiler des aspects aux conséquences incalculables dans nos sociétés en situation de vulnérabilité chronique. Il faut que l’État nous fasse le bilan de tout cela pour qu’on aille dans des perspectives de solutions”, lance Boubacar Seye, président de Horizons Sans Frontières.


DÉCÈS DU KHALIFE DES LAYÈNES : Pluies d’hommages à Cambérène

Serigne Abdoulaye Thiaw Lahi

Au lendemain du rappel à Dieu du Khalife général des “layennes”, Serigne Abdoulaye Thiaw Lahi, Cambérène a refusé du monde. Les fidèles sont venus en masse rendre un dernier hommage au 5è khalife de Seydina Limamou lahi al mahdi (PSL). Le moment pour certains d’entre eux d’exprimer leurs émotions.

Jour de deuil ce mardi 10 Août à Cambérène. Sous le chaud soleil de midi, des versets coraniques retentissent encore dans la cité religieuse abritant la maison familiale du Khalife général des “layennes” et la grande mosquée. Des fidèles, venant de part et d’autre, se ruent en masse vers les lieux de culte. Une forte mobilisation qui contracte de facto la circulation routière, automobilistes, transports urbains et motards rencontrant tous les peines du monde à se frayer un chemin. Tous de blancs vêtus, ou presque, les inconditionnels de Seydina Limamou Laye prennent d’assaut Kër gu mak (la grande maison de la famille layenne) pour présenter leurs condoléances.

Dans l’école coranique Abdoulaye Thiaw Lahi, des centaines de disciples y sont regroupés. Ombragés par une grande bâche, ils méditent avec attention les paroles coraniques émis par les sonos de la mosquée “layenne”. Assis ou couchés à même le sol ou sur des nattes, ces fidèles n’ont que leurs yeux et leurs langues pour pleurer et prier pour le repos de l’âme de Abdoulaye Thiaw Lahi, rappelé à Dieu dans l'après-midi de ce lundi 09 août à l’âge de 95 ans. Le 5è khalife de Seydina Limamou Lahi qui a succédé à Mame Alassane Thiaw Lahi suite à sa disparition en avril 2001, a été révélé au grand public par son grand-père l’Imam Mahdi (PSL). D’abord porte-parole des différents khalifes généraux qui se sont succédés, Baye Abdoulaye comme l’appellent les disciples est réputé pour ses “grandes réalisations” au sein de la communauté layenne. Après son décès, il est inhumé le même jour à 21h au mausolée de Cambérène, où repose son père, Seydina Issa Rohou Lahi. 

Dans le vaste étendu de terrain faisant face au pont Cambérène, des fidèles traversent, pieds nus et avec difficulté, le sable échauffé par le soleil. Direction au mausolée de Seydina Issa rohou Lahi, pour rendre hommage à leur 5ème khalife. Sur place, un silence de mort fait la loi. Des centaines de disciples, occupent tout l’alentour du sépulcre. D’aucuns, tenant le saint coran entre leurs mains, récitent à voix basse des versets coraniques. D’autres, visages orientés vers le bas, font des “Zikr” et des prières avec leurs chapelets. L’usage obligation du gel hydroalcoolique est le seul ticket ce jour pour rentrer à l’intérieur du mausolée. Là, des fidèles, accroupis par terre, prient devant les tombeaux des deux guides religieux et rendre un dernier hommage à Abdoulaye Thiaw Lahi.

"Baye Abdoulaye a fait de nous des lions..."

Après avoir effectuée son pèlerinage Fatou Laye Gueye ressort du mausolée avec beaucoup d’émotion. Pour la dame, au foulard blanc, aux sueurs sur le visage et au masque au menton, le décès du 5è Khalife des “layennes” est une grosse perte. “Notre réveil a été brutal ce mardi. Notre sentiment aujourd'hui est indescriptible. Mais nous rendons grâce à Dieu car c’était une très bonne personne. C’est lui qui nous a éduqué dans l’islam. On a sillonné tout le pays avec lui. C’est pour cela que la journée est très lourde nous ”, témoigne-t-elle, toute triste. 

Assis sur le mur bordant le mausolée de Seydina Issa Lahi, Chérif Ousseynou Lahi continu encore de prier à voix basse pour le repos éternel de Abdoulaye Thiaw Lahi. Chapelet à la main gauche et téléphone portable à la main droite, l’homme au bonnet gris se dit avoir été partagé entre joie et mélancolie suite à la nouvelle annonçant le décès du 5è Khalife de l’Imam Mahdi. “Vraiment j’ai le cœur apaisé. Nous sommes la dernière génération dans cette confrérie mais Baye Abdoulaye a fait de nous des lions. Il nous a armé de science et nous a appris à nous imposer dans cette vie avant de partir. Mais quand j’ai su la nouvelle de sa mort dans la nuit d’hier j’avais trop mal. Parce que je me suis dit pourquoi Dieu a choisi de prendre Baye Abdoulaye et m’épargne, moi qui ne représente rien dans cette vie. Je suis vraiment désolé, je m’exprime avec le cœur lourd”, confie le jeune fidèle, frottant du coup son visage. 

“En tant que femmes, il est temps de nous repentir...”

14h, les entrées et sorties s’enchainent dans le mausolée où gît désormais Serigne Abdoulaye Thiaw Lahi. Les disciples, dominés par une forte sensation, psalmodient en chœur un chant religieux rythmé par des claquements de doigts. Sous l’effet de des paroles bénies, des “layennes” versent de chaudes larmes et couvrent le visage. Trouvée à l’entrée, Ramatoulaye Fall a les yeux rougis par la tristesse. Masque bien porté, sacoche dans sa main gauche, elle attend un s’apprête à prendre un moyen de transport pour rentrer chez elle. Évoquant le rappel Dieu de son khalife, Ramatoulaye ouvre du coup ses petits yeux et réponds par des hochements de tête. Seulement pour elle, les femmes doivent tirer des leçons sur les enseignements de Abdoulaye Thiaw Lahi et les appliquer. “Nous devons nous repentir auprès de Dieu surtout les femmes. Je m’inquiète beaucoup pour nous car nous sommes trop souvent négligentes dans l’adoration de Dieu. Certaines même se dépigmentent et mettent des cheveux naturels. Nous ne prions même pas à l’heure car nous accordons trop d’importance à cette vie-d 'ici-bas,” sermonne-t-elle. Avant de rappeler :  “Les deux khalifes de renommés qui nous ont quitté doivent nous interpeler sur la relation qu’on entretien avec notre seigneur. Ils sont partis aujourd’hui avec de bonnes provisions mais nous qu’est-ce qu’on a fait pour notre avenir dans l’au-delà”, se questionne Ramatoulaye Fall, l’air désespérée.

Moustapha Diakhité


JARDIN DU CESTI : À la découverte d’un espace en perpétuel salubrité

Un étudiant jetant une ordure dans la poubelle

Tasses à jeter, morceaux de papier, sachets plastiques, stylos achevés, canettes, tels sont, entre autres, les ordures abandonnées dans les poubelles déposés dans le jardin du CESTI. Situé devant le bâtiment administratif de l'école de journalisme, cet espace qui accueille par jour des dizaines d'étudiants venant de différentes facultés de l’université est en perpétuel entretien. Reportage ! 

Sous ciel encore nuageux de ce vendredi 30 juillet, les 3 manguiers implantés dans le jardin du Centre d'Études des Sciences et Techniques de l'Information (CESTI) ombragent des étudiants en provenance d’autres facultés. Lansana Bodian, étudiant en licence 2 de Géographie, est assis sur l'un des bancs fixes du jardin en train de manger des beignets. À peine terminé, l'apprenant au teint clair, au t-shirt blanc, au pantalon jogging et aux baskets rouges se dirige vers la poubelle posée en face de lui pour jeter le sachet à beignets tenu à sa main gauche. Le jeune géographe va ensuite laver ses mains au robinet du jardin avant de regagner sa place pour poursuivre ses révisions. Interrogé sur son acte, l'étudiant aux lunettes et au masque bien portés estime avoir trouvé propre le jardin. Impératif donc pour lui de préserver cette pureté. « Ça fait maintenant 1 an que je fréquente ce jardin. Quand vous entrez ici au CESTI, vous trouverez que l'environnement a été aménagé de tel sorte que tout le monde se sente chez soi. Et quand vous vous sentez chez vous, vous faites tout pour que ça le reste, » affirme-t-il. 

Tout comme Lansana, une vingtaine d'étudiants venus d'ailleurs occupent les bancs multicolores du jardin de l'école de journalisme. Yeux rivés sur leurs cahiers, ordinateurs ou encore téléphones portables, Ceux-ci portent un grand intérêt pour cet espace récemment réfectionné. Avec des morceaux de coquillages couvrant tout le sol, des pots de fleurs déposés çà et là, des pneus en couleur rouge ou bleu embellissant le décor, des marches pieds marron, une bordure arrangée, un portail en bois peints en jaune et orné de décorations et de feuillages et un nouveau restaurant construit en forme rectangulaire et peint en bleu, le jardin du CESTI devient rayonnant et attirant pour bon nombre d'étudiants. De plus, 5 poubelles y sont installées. A l'intérieur de ces dépotoirs, des morceaux de papier, des tasses à jeter, des sachets plastiques, des mouchoirs, des feuilles mortes, entre autres déchets y sont jetés. Les apprenants, après avoir mangé, se gardent de jeter des ordures par terre. Veiller à la propreté du jardin doit être, selon eux, une pratique à perpétrer. 

Devant le restaurant de CESTI, se sent à grande pompe les saveurs mélangés des omelettes, du café Touba et du Riz au poisson. Des odeurs que supporte sans gêne Fatoumata Ndiaye, étudiante en Master 2 en géographie. Celle-ci fréquente ce milieu depuis maintenant 6 ans pour effectuer ses recherches. Assise sur une table-banc montée devant le restaurant, l'apprenante au teint clair, à la tenue blanche et au pantalon noir, vient d'acheter un sandwich qu'elle déguste avec bonheur. Mais après avoir terminé, elle met le morceau de papier couvrant le pain dans son sac. Fatoumata Ndiaye se penche ensuite sur son ordinateur pour poursuivre ses révisions. Pour l'étudiante en master 2, la propreté doit être une vertu. « Il faut d'abord être propre en soi-même. Au lieu de lancer les ordures par terre, il faut les mettre dans une poubelle ou les garder avec soi. C'est ce qui fait que le jardin du CESTI garde toujours sa propreté », certifie-t-elle. 

« Je viens ici pour préparer mes examens... » 

Santé de l’environnement, une qualité qu’attribuent de nombreux apprenants au jardin du centre de formation en journalisme. Pour mieux se concentrer, beaucoup d’universitaires prennent place sur les bancs en aluminium de cet espace. Parmi eux, figure Abdou Karim Ndour, étudiant en licence 2 en Droit Privé. Installé sur un banc et ombragé par l’un des manguiers du jardin, le jeune juriste a le regard braqué sur son ordinateur. Teint noir, t-shirt rouge pourpre, pantalon noir, écouteurs accrochés aux oreilles, Abdou Karim dit se sentir à l’aise du fait de la propreté visible dans le jardin du CESTI. « J’ai constaté que depuis 2019, l’environnement du jardin est toujours sain. Je n'avais trouvé aucune ordure qui dénaturerait le milieu. Ici il y a le calme et une bonne organisation, on n'est pas perturbé. C'est pour cela qu'à chaque fois que j'ai un examen, je viens ici pour réviser, » estime-t-il. Et d'ajouter, « j'apprécie également les poubelles déposées ici. Parce que cela empêche de jeter des déchets par terre sachant que les ordures dégradent le sol. Une personne ne peut pas vivre dans un environnement où il y a des ordures. Puisque nous sommes matures et vaccinés, nous devons vivre dans un environnement sain, » affirme l'étudiant en Droit Privé, qui rabat ses yeux aussitôt sur son ordinateur. 

« Le CESTI sera toujours propre... » Si 

le jardin du Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information garde toujours son éclat, c’est sans nul doute grâce à l’engagement du service environnement de l’école de formation. A l'entrée de l'école, se trouve en face, le magasin. Un large bureau où sont stockés de vieilles cassettes superposées, des cartons d'eau de javels et des paquets de “madars” bien rangés. Trouvé dans le magasin, Édouard Ngom, chef de bureau en chargé de l’environnement de l'école, est en train de coordonner le travail de ses agents. Bien installé sur son bureau, doigts au clavier de son ordinateur, Édou, comme on le surnomme, anime en même temps la grande pièce d’une musique douce. Mais « le monsieur propre » du CESTI n'a qu'un seul souci, celui de mettre professeurs et étudiants dans de bonnes conditions. De teint noir et muni d'un boubou traditionnel vert clair Édouard Ngom, explique la démarche pour rendre propre le jardin du CESTI. « Le technicien de surface, El Hadj Djibril Diop balaie tous les matins, sauf les mercredis, le cours et le jardin de l'école. Il enlève toute la poussière, les saletés, les feuilles mortes, les tasses de cafés, bref tout. Les ordures sont ensuite déposées dans les poubelles avant d'être acheminées derrière le restaurant de l'école. C'est là-bas où elles sont brulées pour éviter les risques d'encombrement, » détaille-t-il, le sourire aux coins des lèvres tout au long de son speech. Un échange interrompu par l'intervention dans le magasin d'une femme de ménage qui demande une bouteille d'eau de javel. « Donnez-lui une bouteille elle doit continuer son travail !» s'exclame Édou avec beaucoup d'attention. « Comme vous le voyez, nous avons des agents très engagés. C'est pour cela que le CESTI sera toujours propre. Vous ne verrez jamais des ordures encombrer ni le jardin ni la cour ni l'intérieur du bâtiment, » affirme Édouard Ngom yeux grandes ouvertes et sourire toujours affiché.

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