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vendredi 24 septembre 2021

SESSION ORDINAIRE DE LA MAIRIE DE DAKAR : Le conseil municipal vote trois délibérations de la mairie

 

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Sur six points de délibération, le conseil municipal de la mairie de Dakar a en voté trois hier, lors de sa première réunion en session ordinaire à l’hôtel de ville de Dakar.

Le conseil municipal de la mairie de Dakar a tenu hier sa première réunion en session ordinaire à l’hôtel de la ville de Dakar. Convoqués par le maire de la commune, Soham El Wardini, les conseillers municipaux et les adjoints au maire ont délibéré sur six points. Il s’agit de la question du compte administratif 2020, des autorisations spéciales de dépenses, d’une convention entre Paris et Dakar autour des JOP 2024 et des JOJ 2026, de la signature d’un accord sur le projet IMPULS, de l’autorisation de signer un partenariat entre la mairie de Dakar et l’UNICEF et de l’orientation budgétaire 2022.

Au terme des discussions, trois délibérations ont été adoptées à l’unanimité. « Le conseil municipal autorise à madame le maire (Soham El Wardini) à signer le protocole de partenariat entre l’Unicef et la Ville de Dakar pour la promotion des droits et la protection de l’enfant », a déclaré la rapporteuse de commission finance, Dielima Kamara. Elle poursuit : « Le conseil municipal autorise au maire à signer la convention entre la ville de Paris et la ville de Dakar : « coopération décentralisée, sport et développement durable autour des cultures urbaines pour les JOP 2024 à Paris et les JOJ 2026 à Dakar »  ». Le conseil municipal a également donné à l’édile de Dakar l’autorisation de « signer la convention entre la communauté d’agglomération de Grand Paris Sud, la Ville de Evry-Courcouronnes et la ville de Dakar pour la mise œuvre du projet – IMPULS « innover dans les métropoles pour la pratique urbaine et locales des sports » », selon la rapporteuse de la commission finance.  

Les points restants examinés mardi et jeudi prochains

S’exprimant sur les principaux sujets de délibération discutés et adoptés par les membres du conseil municipal, le maire de la Ville de Dakar est revenu points par points sur le fond des conventions de coopération.  «Les deux sont des conventions avec Paris et Grand Paris Sud dans le domaine du sport. Il s’agit d’une coopération qui va nous amener vers de grands évènements sportifs avec notamment les JO 2026. Il s’agit en fait de collaborer avec Grand Paris Sud pour détecter des talents en vue des Jeux Olympiques de 2026 » a expliqué Soham El Wardini.

L’édile de Dakar a élucidé par ailleurs l’objet du partenariat entre la ville de Dakar et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef). « La troisième convention concerne le domaine de la protection de l’enfance. C’est pourquoi nous avons essayé de trouver une convention avec l’Unicef en vue de construire une maison de l’enfance à Dakar et particulièrement dans la commune de Mermoz Sacré-Cœur », a déclaré la maire de Dakar.  Avant de poursuivre : « C’est un grand projet qui a pour but de protéger les enfants, d’éviter les supplices et des viols envers les enfants. C’est pour cela que nous avons travaillé depuis plus d’un an avec l’Unicef et d’autres organismes pour nous aider à mettre en place cette maison de l’enfance. Comme vous le savez la ville de Dakar avait signé une convention avec Africité pour des villes sans enfants de rue. Et cela fait partie de notre projet sur la prise en charge de l’enfant », a-t-elle dit.

Quid des délibérations restantes, à savoir le compte administratif 2020, l’autorisation spéciale de recettes et de dépenses et l’orientation budgétaire 2022 ? La maire de Dakar a annoncé que ces trois points seront examinés en intercommission mardi prochain et en plénière jeudi.


 

 

samedi 18 septembre 2021

6e édition du Forum Panafricain pour les Migrations : Le PAFOM pour une meilleure prise en charge des migrants

 

Les participants au 6e PAFOM

Le Sénégal a organisé ce weekend la 6e édition du Forum Panafricain pour les Migrations (PAFOM). Initiée par l’Union Africaine e partenariat avec l’Organisation Internationale pour les Migration (OIM), le thème du Forum porte sur le thème : “ renforcer la gouvernance pour la migration pour la main-d'œuvre en Afrique dans un contexte de pandémie pour le développement-socio-économique et l’accélération de l’intégration continentale. 

La 6e édition du Forum Panafricain pour les Migrations (PAFOM) s’est tenue ces samedi et dimanche au palais des Congrès de l’hôtel King Fahd Palace. Organisé par le Sénégal, l’évènement qui a réuni tous les pays de l’Union Africaine, est axé sur le thème : “Renforcer la gouvernance de la migration de la main-d'œuvre en Afrique dans un contexte de pandémie pour le développement socio-économique et l’accélération de l’intégrité continentale”. Les principaux objectifs consistent à “sensibiliser les participants sur les initiatives et programmes de migration de main-d'œuvre sur le continent. Mais aussi de servir de plateformes aux participants pour partager leurs expériences et meilleures pratiques sur la gouvernance des migrations de main-d'œuvre en Afrique et dans d’autres régions. 

Présidée par le ministre des Affaires Étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Aissata Tall Sall, les deux journées du PAFOM ont fait l’objet de vives discussions portant pour l’essentiel sur la collaboration entre les états membres de l’Union Africaine pour la mise en place de politiques favorisant la bonne gouvernance de la migration de la main-d'œuvre sur le continent africain dans ce contexte de pandémie. “La rencontre présente de Dakar mettra en relief la nécessité de renforcer la gouvernance de la migration de la main-d'œuvre en Afrique dans un contexte de crise. Elle nous invite donc à nous interroger sur les mesures à adopter dans ce cadre pour le développement socioéconomique et l’accélération de l’intégration continentale”, a déclaré Aissata Tall Sall. “La covid-19 aura très certainement inauguré une nouvelle ère en modifiant notre système d’organisation tout comme notre manière de penser le monde et les mouvements humains. En plus de réduire les opportunités de travail dans les pays de départ, comme dans ceux d’arrivée, la crise sanitaire que nous vivons par vagues successifs de contaminations a réduit considérablement les mouvements humains de tous genre” a déclaré Me Aissata Tall Sall. Ainsi, vue la limitation des déplacements du fait du coronavirus, le ministre des Affaires Étrangères, estime que la solution pour une bonne gestion des migrations doit être de les réguler et non d’engager une lutte définitive pour les mettre fin. “Comme le disait Koffi Annan, “ la migration est un fait de la civilisation, on ne peut pas l’arrêter. Alors plutôt que de vouloir l’arrêter par des méthodes absolument violentes, nous pensons qu’il vaut mieux la réguler. Pour que le migrant, dans tout son parcours migratoire, soit prise en charge a dans des conditions sûres, sécures et pour que une fois arrivée qu’on puisse lui ouvrir toutes les possibilités de pouvoir s’établir et de travaille” a estimé Aissata Tall Sall.

Pour les participants du Forum Panafricain pour les migrations, les travailleurs migrants contribuent de manière considérable à enrichir les peuples, la civilisation et les relations humaines. Ils participent également à l'expansion de l'économie des pays africains. Urgence donc, pour Aissata Kane, Conseillère régionale principale pour l'Afrique Subsaharienne de l'OIM, d'appuyer davantage sur les travailleurs migrants. "La pandémie offre une excellente occasion pour reconnaître et d'évaluer à sa juste valeur les contributions des travailleurs migrants dans les pays de destination mais aussi d'origine. Il faut souligner que la migration de main d'œuvre est un moyen d'intégration extrêmement important. Elle réduit l'insécurité et elle a le potentiel d'améliorer la protection sociale à la fois dans le secteur formel et informel. Elle est aussi vectrice d'un dynamisme dans l'entreprenariat.", a-t-elle déclaré. Elle poursuit :  "D'où la nécessité de d'optimiser l'environnement règlementaire, renforcer l'éducation entrepreneuriale et le développement des connaissances notamment des jeunes et des femmes. Faciliter l'accès à l'environnement et les technologies et aux réseaux pour faciliter les échanges et promouvoir la sensibilisation", a soutenu Aissata Kane.  

Dans la journée d'hier dimanche qui a marqué la fin du forum, les discussions ont porté pour l'essentiel sur la protection des migrants travailleurs. Ainsi, afin de concrétiser les principales doléances soulevées par les participants, des plans d’actions seront mis en place par le Sénégal, pays organisateur. A l’en croire le secrétaire d'État chargé des Affaires de l'Extérieur, Moïse Sarr, le président Macky Sall va proposer à l’Union Africaine une feuille de route pour une meilleure gouvernance de la migration de la main d'œuvre dans le continent. S’adressant aux membres présents lors de son discours de clôture, il déclare : “Nous sommes tous invités à accorder autant d’intérêt aux flux migratoires au Sud que ceux en direction du Nord. A cet égard, nos États devraient œuvrer à promouvoir la problématique de la promotion et la protection des travailleurs migrants pour lesquels vous avez largement fait le plaidoyer. Le Sénégal, au titre de sa présidence du PAFOM, qui coïncidera avec celle de l’Union Africaine, par le président Macky Sall, proposera à la commission de l’Union Africaine, un plan d’actions pour mieux prendre en charge les préoccupations que vous avez soulevez”. Exprimant son souhait pour une Afrique unie, Moïse Sarr termine par : “L’Afrique que  nous voulons, comme le dit l’agenda 2063 de l’Union Africaine, est une Afrique ouverte. L’Afrique que nous voulons, est une Afrique où les frontières ne constituent pas un obstacles à la mobilité humaine”.


 

 

MARCHE CONTRE LA HAUSSE DES PRIX : Le Collectif Noo Lank crache sur l’arrêté préfectoral

conférence de presse Noo Lànk

Le collectif Noo Lank a déchiré hier l’arrêté du préfet de Dakar interdisant sa manifestation à la place à la Nation. Face à la presse, les membres du mouvement disent être résolus à poursuivre leur combat contre la hausse des prix. Ils comptent tenir d’autres manifestations les 12 et 17 septembre prochains avec d’autres organisations citoyennes.

Le collectif Noo Lank est dans tous ses états suite à l’interdiction de sa marche pacifique par le préfet de Dakar jeudi dernier. En conférence de presse hier avec huit autres organisations citoyennes, les membres de Noo Lank ont juré que la décision préfectorale constitue une violation à la liberté de manifester. Selon le secrétaire général, Mouhamed Diallo, les raisons invoquées pour proscrire leur marche, sont illégales. “Nous dénonçons vivement cette pratique du préfet. Les invocations évoquées dans sa lettre sont encore plus scandaleuses. Il a évoqué des risques de troubles à l’ordre public, des risques de propagation de la Covid et l’entrave de la liberté de circulation. Or, comme le rappelle la cour suprême dans son arrêt n°19 du 23 mai 2019, (il) viole l’article 14 de la loi n°78-02 du 29 janvier 1978 relative aux réunions”, a-t-il déclaré. Avant de poursuivre : "aucune disposition n’est en vigueur actuellement pour interdire les manifestations aux risques de propager le virus. Les lieux les plus rassembleurs accueillent toujours du monde. Le préfet n’est pas censé violer la loi en toute connaissance de cause”, s’est-il indigné.

Le collectif Noo Lank estime également que la décision de l’autorité administrative ne repose sur aucun fondement juridique. D’après Pape Abdoulaye Touré, membre du groupe, l’arrêté préfectoral n’est motivé que par des fins politiques. “Osons le dire, c’est une interdiction politique car le préfet de Dakar a reçu des ordres émanant de ses supérieurs. Il a violé les textes. Il a même violé la constitution. Parce que sa décision est aux antipodes de la constitution. L’article 8 de la constitution donne l’autorisation à tout sénégalais épris de justice d’aller manifester. C’est ce qu’on appelle la liberté de manifestation et c’est un droit fondamental et inviolable”, a déclaré Pape Abdoulaye Touré.

Initialement prévue hier, la manifestation pacifique devait être, selon le collectif Noo Lank, un cri de cœur contre la cherté de la vie. Il devait s’agir, pour eux, de dénoncer l’augmentation “exorbitante” des prix des produits de grande consommation. La marche devait aussi être une aubaine, d’après Noo Lank, pour exprimer leur courroux face aux nombreuses inondations ayant affecté bons nombres de citoyens.  Mais malgré tout, ceux-ci ne comptent pas baisser les bras. En symbiose avec l’Association des consommateurs, le Frapp France Dégage, And taxawu Àskan Wi, la coalition Jotna et CRD, entre autres organisations, le collectif Noo Lank compte défier l’autorité préfectorale et tenir d’autres manifestions. “Une lettre d’information sera déposée tout de suite à la préfecture de Dakar. Parce que le vendredi 17 septembre prochain, nous, le collectif Noo Lank et toutes ces organisations de la société civile, allons marcher avec ou sans autorisation, de la place de l’Obélisque au rond-point de la RTS. Nous allons dénoncer la cherté de la vie car le fer, le ciment, le loyer, les denrées alimentaires ont tous connu une hausse dans ce contexte de covid et des inondations,” a signalé Pape Abdoulaye Touré.

Dans la même veine, le coordonnateur du collectif And Taxawu Àskan wi, Ababacar Mbaye, a informé de la tenue d’une manifestation ce dimanche à Guédiawaye. Il s’agira, d’après lui, d’un concert de casseroles pour exiger la baisse des prix des denrées de première nécessité. “Nous remettons ça encore pour le dimanche prochain 12 septembre à partir de 09h à la porte centrale du lycée Limamou Laye. Nous demandons à la population de s’habiller totalement en rouge et de venir à la marche. Nous allons faire un concert de casseroles pour demander à l’État de baisser systématiquement les prix. Si d’ici le 12 les prix restent intacts, nous allons lancer la campagne manifestation fépp, manifestation partout”, a-t-il averti.


COLLOQUE SUR LA DISCRIMINATION DES CASTES : Les écueils d'une épineuse question

 

Seydi Gassama et Ingo Badoreck

Amnesty International/Sénégal et la fondation Konrad Adenauer ont organisé ces jeudi et vendredi à Dakar un colloque régional regroupant plusieurs pays de la sous-région sur le thème : « Quelles stratégies pour éradiquer la discrimination fondée sur les castes et l’ascendance en Afrique de l’Ouest ? »

« Quelle stratégie pour éradiquer la discrimination basée sur les castes et l’ascendance en Afrique de l’Ouest ? » Tel a été le thème du colloque régional organisé ces jeudi et vendredi dans un hôtel de Dakar. Initié par Amnesty International Sénégal et la fondation Konrad Adenauer, la rencontre a réuni une centaine de participants. Il s’agit d’acteurs de la société civile, de représentants d’institutions nationales des droits humains, de magistrats et de parlementaires, tous venus du Sénégal, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée. Le but visé est d’établir des discussions allant dans le sens d’adopter des stratégies de lutte contre les pratiques propres à l’esclavage envers les castes. « L’intérêt de ce colloque est de discuter, de faire une cartographie des groupes ethniques qui présentent les caractéristiques de système de caste, de voir les mesures prises par les politiques publiques, l’état des législations et des cours et tribunaux. Il s’agit aussi d’émettre des recommandations, de sensibiliser sur un sujet qui est gravissime sur le terrain des droits humains », a expliqué ce jeudi Margaux Wipf, coordonnatrice principale du bureau régional Etat de droit de la fondation Konrad Adenauer. Poursuivant, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal a révèle que la question de la maltraitance des castes a été depuis des années discutée par des ONG présentes dans les pays de la sous-région. C’est ainsi qu’un réseau a été créé pour permettre de militer en faveur de la fin de la discrimination des couches vulnérables des sociétés. « Ce sont les pays membres de ce réseau qui sont rassemblés aujourd’hui à Dakar pour qu’ensemble, nous réfléchissions et que nous puissions adopter une stratégie et faire des recommandations aux États pour que cette question soit prise en compte par les cours et tribunaux, par les États dans leurs programmes de promotion des droits humains », a-t-il déclaré.

Toutefois, mettre un terme à la violence envers les castes et à l’ascendance n’est pas une mince affaire, ont reconnu les membres du colloque. Ceci a trait, aux différentes formes de discriminations qui existent dans la sous-région. Celles-ci sont nombreuses et diverses selon le directeur d’Amnesty International. « Au Mauritanie, il y a toujours des personnes qui sont sur la servitude malgré les lois adoptées depuis les années 80 interdisant les pratiques esclavagistes. Ceux qui sont sortis de l’esclavage sont totalement désavantagés dans la société. Et ces personnes constituent, selon plusieurs estimations, la moitié de la population mauritanienne, en l’occurrence les haratins. Ces genres de pratiques existent également au Niger, au Burkina et ici au Sénégal, » a certifié Seydi Gassama.

Se prononçant sur le cas du Sénégal, le droit de l’hommiste a ajouté : « La presse a plusieurs fois rapporté des affrontements entre communautés nobles et communautés de descendants d’esclave dans l’est du pays. De même, dans certaines localités, des personnes castées et non castées ne partagent pas le même cimetière. Alors qu’à la Casamance ou à Joal des chrétiens et musulmans dorment dans le même cimetière. Et dans le cadre des relations sociales, beaucoup de famille s’opposent à des mariages entre jeunes de différents castes, simplement parce qu’elles considèrent que cela est néfaste ».

Une question reléguée au second plan par les États des pays de la sous-région, d’après les participants du colloque. Ces derniers ont soulevé, lors des discussions, une faillite des États dans la lutte contre l’esclavage. Ils ont également déploré l’absence ou la non application de politiques permettant de combattre la discrimination des castes dans leurs pays respectifs. Raison pour laquelle ils considèrent que les personnalités religieuses constituent la solution pour mettre fin à la discrimination des castes et à l’ascendance en Afrique de l’Ouest. « Nous reconnaissons le rôle important que les chefs religieux, musulmans et chrétiens ont joué pour atténuer et éradiquer les castes au Sénégal. Il n’y a aucune religion révélée qui organise des stratifications sociales entre les gens.  La société civile a l’occasion de travailler avec les familles religieuses pour que la sensibilisation se poursuive car il faut sensibiliser. Et le meilleur outil de sensibilisation reste la religion », a déclaré le droit de l’hommiste.

Ainsi, au terme du colloque hier vendredi, une série de recommandations a été émises par les pays membres de la sous-région. Il s’agit entre autres d’ «  inviter les États à traiter de manière urgente la question de la discrimination fondée sur l’esclave, de demander aux organisations de la société civile de renforcer le plaidoyer en faveur de la lutte contre l’esclavage en privilégiant le moyen de l’éducation, ou encore de recommander aux États et aux organisations impliquées dans la lutte de financer des campagnes de sensibilisation visant les anciens et les nouveaux esclaves ». Ces principales recommandations seront étudiées pour une durée d’une semaine avant d’être validées par les participants.

 


 

 

 

 

dimanche 5 septembre 2021

RARETE DU POISSON : Les tenants et les aboutissants d’une pénurie

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En plus de la hausse des prix de l’huile, du sucre ou encore de la viande, s’ajoute l’augmentation du coût du poisson. Une situation causée par la rareté du poisson dans la mer. Au quai de pêche de Yoff, des pêcheurs expliquent les raisons de cette pénurie qui rend difficile le quotidien des vendeurs.

13h, l’environnement est inhabituel au quai de pêche de Yoff. En fait, des centaines de pirogues sont accostés sur la plage. Les pêcheurs, campés à l’intérieur des carbets, décident d’observer une journée sans mer ce samedi. Ce, en raison de la raréfaction de poisson dans l’eau. Les seuls mareyeurs qui commencent à débarquer, ont effectué le voyage la nuit. Un retour décevant, trouver la chair précieuse s’apparentant à chercher une aiguille dans une boite de foin. Derrière une rangée de pirogue, des pêcheurs gitent sous l’ombre d’une cabane. Lamine Mbengue, le chef du groupe, est en train de découper des fils de pêche. La soixantaine dépassée, ce piroguier aux lunettes noires fumées et au bonnet sur la tête confirme la pénurie du poisson en mer. Pour lui, ceci peut être expliquer par la migration des bêtes. “Ce qui se passe au fait, c’est que la plupart des poissons qui étaient tout près de la plage ont migré. Cela est dû, d’une part, par l’attitude des piroguiers qui font usage du fil de nylon. Parce que ces genres de fils font 500 mètres et seuls les 100m suffisent pour attraper la quantité nécessaire de poissons. Maintenant au moment de remonter le filet, ces pêcheurs sont obligés de découper le fil en deux, parce que c’est trop lourd. De ce fait, seule une partie des poissons est embarquée. Le reste est donc abandonné dans la mer. Au fil du temps, ces bêtes vont se décomposer et deviennent polluantes”, révèle Lamine. Il poursuit. “Comme vous le savez, le poisson n’aime pas l’impureté. Quand il sent une odeur nauséabonde, il est obligé de migrer dans des zones très lointains. C’est pour cela que la plupart des poissons ont disparu dans cette partie de la mer”, élucide-t-il.

Le pêcheur révèle, d'autre part, que la rareté peut être causée par des facteurs naturels. Pour lui, le climat joue un rôle déterminant dans l’absence des poissons en mer. À l’en croire, certains produits se font rares pendant l'été. “Les poissons se produisent par périodes. Certaines espèces deviennent trop nombreuses pendant la saison sèche car la mer est froide. C’est le cas du “cof”, du “padess”, du “jay” ou encore du “yabooy”. Mais dès qu’arrive l’été, ces catégories de poissons se rarifient considérablement. Ils vont migrer au fond des récifs où la température est plus froide. De ce fait seuls les thons, les espadons et les albacores deviennent disponibles sur cette plage car ils peuvent supporter la chaleur ”, fait-il savoir.

Migration des poissons, des propos repris par Mamadou Ndoye, trouvé sur les lieux. Filets de pêche entre ses doigts, l’homme au teint café au lait estime que d’autres raisons peuvent justifier la pénurie de poisson. D’après lui, la surpêche exercée par les chalutiers appauvrit la mer en espèces et contribue à la réduction du repos biologique des poissons. “Vous savez, les chalutiers ont pêché tous les petits poissons ici. Le plus écœurant c’est qu’ils sélectionnent les bons et jettent les mauvais. C’est du pur gâchis. S’ils laissaient les petits poissons en vie, il n’y aurait pas eu de pénurie. Malheureusement ces bateaux vivent de la surpêche,” se plaint Mamadou Ndoye.

“Les bateaux nous portent préjudice...”

À Yoff, Mamadou Ndoye n’est pas le seul à déplorer la puissance des chalutiers. La quasi-totalité des pêcheurs considèrent que ces bateaux portent un coup dur à la pêche artisanal. À l’intérieur d’une bâche située à l’entrée du quai de pêche se trouve près d’une dizaine de pêcheurs. En attendant le thé en cuisson sur un petit fourneau, ces mareyeurs épiloguent encore sur les temps forts de leur dernière journée passée en mer. Parmi eux, figure Mara assis sur un morceau de brique. Lunettes noir fumées bien visées, le quarantenaire à la casquette blanche estime que trouver du poisson résulte de naviguer dans d’autres mers. “C’est à cause des bateaux. Ils ont bradé toute la mer. Nous ne parvenons plus pêcher convenablement. Nous sommes obligés de naviguer à plusieurs kilomètres. Aux larges de Ouakam, de Dakar ou de Kayar par exemple. C’est dans ces seuls endroits où le poisson est disponible. Les bateaux constituent le véritable problème dans la mer. Ils ont pollué toute l’océan”, déplore Mara d’une voix rauque. Lui emboitant le pas, Pape, ombragé par une grande pirogue, renchérit. “Les bateaux nous portent préjudice. Là où les pirogues attrapent un ou deux “jay”, les bateaux raflent tout en un seul coup de filet. Nous sommes alors obligés de naviguer à 30 ou 60 Km rien que pour trouver du poisson”, peste l’homme à l’âge avancé. Ainsi, pour pape, l’heure est venue pour que l’État mette un terme à l’attribution des licences de pêche aux bateaux. Il déclare “Le gouvernement est responsable de ce fléau car c’est lui qui donne des licences de pêche à ces grands bateaux. C’est la raison pour laquelle il n’y a presque plus de produit dans la mer. Nous demandons au gouvernement de mettre fin à ce phénomène”, fulmine-t-il.

 

La Banque Mondiale perfuse le système de santé du Sénégal

  Image d'illustration La Banque Mondiale accorde au Sénégal 135 millions de dollars, soit un peu plus de 70 milliards de FCFA. Des fond...