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samedi 28 mars 2020

SAUVE-QUI-PEUT AVANT L'HEURE DU COUVRE-FEU

        
 
Des forces de sécurité à l'heure du couvre-feu
      
L'état d'urgence assorti de couvre-feu décrété par le chef de l'État ne laisse plus personne indifférent. À quelques minutes du coup d'envoi, c'est le sauve-qui-peut dans certaines localités. À l'unité 25 des Parcelles Assainies, les habitants ne dérogent pas à la règle. Reportage!

À 19h30, c'est la course contre la montre à l'Unité 25 des Parcelles Assainies. Les rues s'emplissent de passants. Jeunes et adultes prennent d'assaut les boutiques. Les cantines de lait caillé et les restaurants bondent de clients. Les trois boulangeries de la place grouillent de monde. Tous veulent coûte que coûte quitter ces lieux avec de quoi mettre sous la dent.  Certains n'hésitent pas à prendre la fuite avant que l'heure du couvre-feu ne les retrouvent dehors. À cet instant, la nuit annonce sa tombée. Les vendeurs sur les trottoirs rangent leurs marchandises. La chaussée se vide de ses voitures. Seuls des cris d'exclamations animent le quartier. «Rentrez il est presque l'heure!» Ironise un habitant de la localité. 
Les parcellois de l'unité 25 semblent comprendre la nouvelle règle du jeu. Sortir à l'heure du couvre-feu est strictement interdit. Les forces de l'ordre rodent sans cessent dans les rues de la localité. La moindre infraction est sanctionnée. Retrouvé près de la boulangerie avec ses amis, Lamine achète du café. Mais il se prépare pour retourner chez lui. «Je m'apprête à rentrer chez moi tout de suite. Ces gens (les forces de l'ordre) ne badinent pas. Soit ils t'attrapent soit ils te tabassent.» Reconnaît-il. 
À moins de 15 minutes, les ouvriers commencent à fermer leurs places. Certains refusent même de recevoir des clients. Ils suivent à la lettre les nouvelles directives de l'État. Dans un salon de coiffure, il n'y a personne. Seuls le propriétaire, Mamadou Diallo, est à l'intérieur avec des enfants. Teint clair, sourire au coin des lèvres, Il considère que l'application des nouvelles règles n'est pas la bienvenue pour eux. «Le couvre-feu n'est pas facile à supporter car ça nous empêche de travailler convenablement. Parce que nous, nous travaillons toute la soirée.» Le coiffeur estime que l'arrivée de la maladie a pour une grande partie modifié son planning quotidien. Toutefois, il garde espoir et se conforme à la loi sur le couvre-feu. «Nous nous soumettons aux règlements parce que c'est la volonté divine. Nous devons aussi respecter les dispositions du ministère de la Santé car les décisions que prennent le pouvoir c'est pour nous protéger.» Dit-il. Pour Boubabar, vendeur de café, «je perds de l'argent car si on ne vend rien, on ne gagne rien. À ce niveau là je commence à tomber en faillite. Au début certains de mes clients attendaient la nuit pour acheter du café mais maintenant ce n'est plus le cas.» Déplore-il.
À 20h, tout est calme. Tout le monde passe le reste de la soirée chez soi. Couvre-feu oblige. C'est à 06h du matin qu'il prend fin. À rappeler que le président de la République avait déclaré l'état d'urgence assorti de couvre-feu en début de semaine. L'objectif est de freiner la propagation de la pandémie de coronavirus sur le territoire national. Le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye avait annoncé que sortir au-delà de 20h est punissable d'un emprisonnement de 2 mois ou de 2 ans de prison avec une amende pouvant aller de 20 000 à 500 000 FCFA. 




mercredi 25 mars 2020

10 MILLIONS DE FCFA POUR LES POSTES DE SANTÉ CATHOLIQUES


Dons d'ANPSCS aux postes de santé catholiques

Afin de lutter contre la propagation du coronavirus sur le territoire national, L'Association Nationale des Postes de Santé Catholiques du Sénégal (ANPSCS) décide de soutenir 76 postes sanitaires catholiques du pays. Une opération avec beaucoup d'enjeux.

La riposte est lancée pour l'ANPSCS. L'association envisage de venir en aide à 76 postes de santé catholiques de toutes les régions. Dans ses locaux, des paquets de masques de protection, des caisses d'eau de javel, des lots de savons et des boîtes de gel antiseptique sont réunis. Ces produits détergents vont être acheminés dans les postes sanitaires en question. Les sœurs qui s'activent dans ces postes sont les principales bénéficiaires de ce matériel de protection. Selon la présidente de l'ANPSCS, Sœur Madeleine Thiaw, la valeur totale des dépenses effectuées  est estimée à 10 millions de FCFA. «Nous avons débourser 10 millions de FCFA dans notre caisse de solidarité pour venir en aide à nos sœurs qui travaillent dans ces postes.» annonce-t-elle. Mais la distribution de ce lot d'équipements sanitaires n'est pas une mince affaire. Toutes les postes doivent être servies sans aucun manquement. Pour la présidente de l'association, les 10 millions FCFA ne suffisent pas pour ravitailler, sans désemparer, tous les observatoires sanitaires. Le transport et les chargements demandent d'importants moyens. De plus, l'acheminement des dons dans les postes des régions les plus reculées requièrent de grandes dispositions logistiques. Sœur Madeleine Thiaw: «Il y a trop de postes à desservir alors que 10 millions ne suffisent pas.» Ainsi, la Sœur sollicite l'aide de tous pour mener à bien cette opération, dans ce contexte de propagation de la pandémie de COVID-19.
Prêt à tout pour assurer le fonctionnement des observatoires sanitaires,  l'Association Nationale des Postes de Santé Catholiques du Sénégal mène des campagnes d'aide depuis belle lurette. Toutefois, tout n'est pas rose dans ladite association. Les difficultés demeurent. «Nous rencontrons des problèmes au niveau de la pénurie de médicaments pour les postes. Mais nous avons eu des rencontres avec l'Ordre des Pharmaciens du Sénégal et le Syndicat des Pharmaciens. Il nous ont certifié qu'ils sont derrière nous.» Déclare la présidente de l'ANPSCS, optimiste. Les autres difficultés selon la dirigeante de l'association, sont liés aux problèmes d'évacuations dans les postes des régions les plus réculées. En effet, le manque d'équipements de qualité est notoire dans ces parties du pays. Mais malgré les écueils, les membres de l'ANPSCS retroussent leurs manches et s'engagent à accomplir leurs objectifs dans ce contexte de crise sanitaire mondiale.

mardi 24 mars 2020

LE SÉNÉGAL ENREGISTRE 7 NOUVEAUX CAS




Point de presse de Dr. Aloyse Waly Diouf

Ce mardi 24 mars, 7 nouveaux cas de coronavirus sont déclarés positifs. D'après le Ministère de la Santé, 3 parmi eux sont importés et 4 sont affectés par contact.

L'annonce est faite par le Directeur de Cabinet du Ministère de la Santé, Dr. Aloyse Waly Diouf. Sur 56 tests effectués, 7 sont déclarés positifs. Dans le communiqué nº23 rendu public, il s'agit de 3 cas importés, c'est à dire revenus de l'étranger et de 4 autres, des contacts suivis. Au total, le Sénégal compte 86 cas. 8 d'entre eux sont guéris et 78 sont sous traitement. Le nombre de contaminés au coronavirus ne cesse de s'amplifier. Chaque jour apporte son lot de nouveaux patients. Dans la journée d'hier seulement 12 cas sont confirmés positifs par l'Institut Pasteur de Dakar. La seule bonne nouvelle tombée ce matin est que les patients hospitalisés à Dakar et à Ziguinchor sont dans une situation stable.
Dès début mars, le compteur était ouvert par un français vivant aux Almadies. Il était au Sénégal depuis la 26 février dernier. Interné au département des maladies infectieuses du centre hospitalier de Fann, le patient étranger en ressort saint et sauf.  Après lui, 3 autres cas ont franchi les portails de l'aéroport International Blaise Diagne, alors principale source d'entrée des déclarés positifs au COVID-19. Mais depuis la rentrée du sénégalais en provenance d'Italie, au bercail, les cas découlant de la transmission communautaire abondent la liste. Ainsi, le mode de transfert de la maladie se fait au niveau communautaire. Une assertion confirmée par le ministre de la Santé et de l'Action Sociale lors de l'émission Point de vue du dimanche sur la RTS.

Le sénégalais revenu d'Italie (5ème cas) guéri 

Son retour au pays natal le 06 mars dernier va à jamais marquer les sénégalais. Testé positif le 11 mars 2020, le 5ème cas vivant à Touba, a été au cœur des débats. Il a en effet, introduit le mode de transmission communautaire dans la population sénégalaise. Interné à l'hôpital Fann, il était pris en charge jusqu'à l'annonce de sa guérison hier par le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr. Après deux semaines de soins, le patient nº5 peut afin rentrer chez lui. 

La liste des cas peut s'allonger 

À 86 patients ce mardi 24 mars, le Sénégal peut, dans les jours à venir,  enregistrer de nouveaux cas de COVID-19. En réalité, étant donné que le virus circule dans la communauté, personne n'est à l'abri. Le coordonateur du Centre des Opérations d'Urgence Sanitaire (COUS), Dr. Abdoulaye Bousso, disait lors d'un point de presse: «aujourd'hui, au vu du profil épidémiologique, il faut s'attendre à ce qu'il ait encore de nouveaux cas.» Selon lui, les effets des mesures de fermeture des aéroports et de limitation des déplacements vont être évalués dans une quinzaine de jours. 

lundi 23 mars 2020

Chronique du jour: ET SI ON APPLIQUAIT LE CONFINEMENT?

                   
La situation d'un pays confiné

Et si le président de la République, Macky Sall imposait le confinement? Ce serait sans nul doute une mesure très pertinente et très efficace dans ce contexte de riposte contre le pandémie de coronavirus. La restriction des libertés est en effet la stratégie adoptée par de nombreux pays pour stopper la progression du covid-19. À 71 cas actuellement, le danger est éminent pour le Sénégal. Sous prétexte que la transmission se fait maintenant au niveau communautaire. Ainsi, une personne peut être atteinte de covid-19 sans s'en rendre compte. Le plus grave est qu'elle peut se déplacer, vaquer à ses occupations, entrer en contact avec les autres. Bref, la chaîne de transmission ne fera que s'étendre. Alors, pour éviter cela, n'est-il pas temps d'instaurer le confinement sur l'ensemble du territoire nationale? 
L'application dudit règlement peut en effet générer de nombreux avantages. Et le meilleur de ces bienfaits est de sauver des vies. D'après un médecin français à Wuhan, le confinement strict est la seule solution. En sus, Arnaud Miguet, le correspondant de France Télévision confiné dans la même ville depuis deux mois, a certifié que «Wuhan est revenu de l'Enfer.», après trois jours sans enregistrer de nouveaux cas. 
Cependant, adopter la mesure du confinement de manière brutale sans prévenir la population semble être inopportun. 
En réalité et sociologiquement parlant, il ne sera pas facile pour la société sénégalaise de s'adapter à cette disposition. À bien y voir, même les mesures prises par le président Macky Sall ces derniers jours peinent à convaincre. C'est le cas de la fermeture des mosquées qui fait couler jusqu'à présent beaucoup d'encres et de salives. Car, osons le dire, nombreux sont ceux qui continuent, sans ambages, d'effectuer leurs cinq prières quotidiennes dans les maisons de Dieu. De plus, certaines franges de la population vivent dans une situation de paupérisation très avancée. Par conséquent, il n'est pas facile pour eux de se conformer à règle du confinement. L'obligation d'aller chercher de quoi nourrir la famille, la nécessité de fuir à tout prix la pauvreté, de s'extirper du chômage, etc. peuvent être des facteurs de violation de la mesure. Notons aussi la vétusté de certaines habitations dans la banlieue dakaroise, susceptibles de contenir plus de 20 personnes. D'aucuns vont impérativement braver l'interdiction rien que pour respirer l'air dehors. L'air, où peut se mouvoir tranquillement le virus tueur. 

vendredi 20 mars 2020

LA FSAPH VIENT EN AIDE AUX PERSONNES HANDICAPÉES

       
Handicapés sénégalais
  
Dans le cadre de la propagation de la pandémie de coronavirus au Sénégal, la Fédération Sénégalaise des Associations des Personnes Handicapées (FSAPH) a décidé de venir en aide aux défavorisées. 

La FSAPH a annoncé hier vendredi 20 mars l'apport de son soutien aux personnes les plus menacées par le COVID-19. Selon son président Yatma Fall, les handicapés dans les rues rencontrent de grands dangers. ll est donc de leur responsabilité et à celui des autorités de leur prêter main forte. « Les risques de contagion de la maladie (coronavirus) sont énormes pour eux.» a déclaré M. Fall. Avec les plans de protection adoptés par le gouvernement pour venir en aide aux populations, le président de la FSAPH a estimé que les invalides ne sont pas tous pris en compte. Pour pallier ce manque, la Fédération a décidé de leur apporter des biens. M. Fall: «La FSAPH envisage de mener des actions sur le terrain dans le but de protéger les personnes . Nous allons collecter des matériels de protection tels que des masques et des gels antiseptiques pour eux. Ainsi, ils pourront bien se munir médicalement.» Le président de la FSAPH ne s'est pas arrêté là. Il a annoncé de plus: «Nous allons aussi collecter pour eux des denrées alimentaires pour qu'ils se prémunissent en cas de confinement.» Enfin, M. Yatma Fall a déclaré qu'une campagne de sensibilisation va être menée envers les démunis. L'objectif est de les informer sur les risques liés à la mendicité en ces temps de crise sanitaire. Sur ce, ils peuvent aussi prévenir leurs proches sur les méfaits du coronavirus.
Toutefois, le chef de la FSAPH a fait savoir que l'organisation n'a pas tous les moyens pour mettre en application ses engagements. Par conséquent, elle a invité les autorités étatiques à apporter leurs contributions dans ses activités. « La fédération ne dispose pas de tous les moyens pour mener cette campagne. C'est pourquoi nous sollicitons l'appui du gouvernement et de toutes les bonnes volontés.» Confie Yatma Fall avant d'ajouter: « Nous demandons tout produit pouvant protéger les populations. La Fédération va se charger alors de les distribuer à nos voisins handicapés. Ainsi, avec cela, nous allons les protéger ainsi que la population.» 
À 42 cas actuellement au Sénégal, la propagation du coronavirus expose de nombreuses franges de la société comme les personnes handicapées. Ainsi les protéger revient à mettre à leurs dispositions des moyens sanitaires efficaces.

mardi 17 mars 2020

Cours à distance: ce qu'en pensent les élèves

Cours à distance



Suite à la fermeture des classes pour trois semaines en raison du coronavirus, des médias prennent l'initiative de dispenser des cours à distance. L’objectif est de permettre aux élèves d’être à jour et de se préparer pour les examens. Ainsi, si d'aucuns saluent cette pratique, d'autres listent des inconvénients.

Suivre des cours chez soi est la nouvelle donne pour pallier à la fermeture des écoles pour 21 jours. Diffusés à la télévision, à la radio et dans les sites en ligne, ces enseignements visent à maintenir le niveau des potaches en classe d'examen. Au lycée Sergent Malamine Camara, c'est le calme total. À l'intérieur, les classes sont fermées. La cour de l'école est vide. Mais sous la chaleur de midi, certains élèves révisent leurs leçons. Chacun dans son coin, concentré, ils fuient toutes perturbations. Retrouvé sous un abri, Mountaga, élève en classe de Terminal, pose à côté de lui un fascicule. Teint clair, sourire aux lèvres, il salue la diffusion des cours à travers les médias comme la télévision. « C'est une bonne chose. Parce que c'est mauvais pour un élève de terminale de rester trois semaines sans rien apprendre. Il peut rapidement oublier les leçons et les notions.» Dit-il. Pour Sidy, 1ère, «Je salue cette initiative car ça permet aux élèves de réviser et de ne pas rester chez eux sans rien faire. C'est aussi un avantage sous prétexte qu'ils peuvent facilement être à jour.» Lunettes bien visées aux yeux, Sidy voit en cette pratique que des avantages. « Durant les vacances, les élèves ont tendance à rester à la maison sans aucune activité. Maintenant avec ces cours faits à la télé, ils peuvent se rattraper. Ils peuvent aussi anticiper sur les leçons qu’ils n’ont pas encore apprises.
La semaine dernière, le chef de l’État, Macky Sall, avait pris la décision de fermer toutes les écoles et les universités. Ce, afin de lutter contre la propagation de la pandémie de coronavirus dans le pays. Par conséquent, les apprenants sont contraints de rester chez eux, en attendant l’évolution de la situation. Sur ce, réviser et bien se préparer pour la reprise leur est recommandé. C’est ainsi que des médias entreprennent de les accompagner en leur livrant des cours gratuits en direct. Toutefois, des élèves estiment que cette démarche est bonne mais présente des inconvénients. Pour Mountaga, « Parmi les limites, je peux dire que tous les élèves n’ont pas accès à la télévision. De plus, les niveaux de compréhension ne sont pas les mêmes. » Pour le candidat au Bac, il y a beaucoup de différence entre apprendre à l’école et faire cours à la maison. « En classe, on peut interrompre le professeur pour lui signifier qu’on a pas compris. Mais ce n’est pas le cas à la télévision. » Dit-il. Malgré cela, il considère que cette idée adoptée par les médias est bonne et elle doit prospérer.

lundi 9 mars 2020

LE VILLAGE ARTISANAL DE SOUMBÉDIOUNE, UN PATRIMOINE MENACÉ


Village artisanal de Soumbédioune 

Situé au quartier de la Médina de Dakar, sur la Corniche Ouest, le village artisanal de Soumbédioune est l'un des sites les plus historiques du Sénégal. Mais de nos jours, ce lieu emblématique fait face à de nombreuses difficultés. Les artisans sur place parlent de leurs soucis du moment. Reportage!

La vie est active sur la Corniche Ouest. Sous le soleil de midi, les voitures roulent à toute vitesse sur l'autoroute. Les passants vaquent à leurs occupations. De l'autre côté de la route, des pêcheurs plient des filets de pêche. D'autres se réunissent dans un restaurant près de la plage; c'est l'heure du déjeuner. Mais, quelques pas en avant, des touristes stationnent dans une cantine. Ils contemplent des objets d'arts bien rangés sur une table. Ils tâtent les artéfacts avec joie. Ils semblent être surpris de se retrouver dans ce site culturel. Cet endroit, c'est le village artisanal de Soumbédioune. Créé en 1961, ce village est symbolique pour le Sénégal. À l'intérieur, des artisans agencent de la manière la plus convenable leurs marchandises. L'objectif est de captiver la curiosité des visiteurs. En effet, sacs en cuirs, paniers, tissus, tam-tams, statues, tableaux d'art, jouets et de nombreux œuvres sculpturales sont exposés devant chaque boutique. Dans certains étalages, vendeurs et acheteurs sont en négociation. Des sculpteurs trouvés au cœur du village charpentent des statuettes. Leurs habits, leurs mains et leurs pieds sont couverts de résidus  de bois. De nombreux étrangers errent dans les coins et recoins du marché. Pour les attirer, des marchands chantent des slogans. C'est le cas de cet artisan qui jubile en exposant aux regards un car rapide dessiné dans du bois: «c'est le symbole du Sénégal! Venez voir!» Une atmosphère paisible règne dans le village. Des commerçants discutent dans un grand place, l'air heureux. Cependant, tous tentent le tout pour le tout, pour masquer les zones d'ombres dans leur lieu de travail. 
En réalité, derrière cette image d'un endroit culturel attrayant, le village des artisans de Soumbédioune cache des secrets. En effet, les acteurs vivent des situations difficiles depuis maintenant 20 ans. Selon eux, leurs conditions de travail ne cessent de se dégrader. Ils considèrent que le village a perdu son lustre d'antan. Retrouvé dans son atelier, le bijoutier Alain Sissokho, un octogénaire expérimenté, est en pleine activité. Cheveux blancs, petite taille, chemise noir, remplie de taches, l'artisan se remémore des années lumières du village artisanal. Selon lui, si le marché est en vie, c'est grâce au président Léopold Sédar Senghor. «L'art c'est pour tout le peuple. C'est ce que Senghor a compris. Raison pour laquelle il a beaucoup fait pour le village...Le président Senghor a invité sept chefs d'État ici. Mais les régimes qui lui ont succédé ont échoué sur ce fait.». Pour cet admirateur du Père de la nation, les difficultés débutent dès l'an 2000. Depuis cette époque, les grands problèmes commencent pour les artisans. Une assertion confirmée par Mamadou Sanghott. Septuagénaire ayant vécu les premiers jours du village, ce vieux barbu est en train de tailler un morceau de bois dans son fief. Interpellé sur les difficultés des propriétaires du village, il raconte. «C'est en 2000 que nous avons vu la crise car il y avait peu de touristes. d'ailleurs c'est la raison pour laquelle nous faisons face à des complications. Parce que si on produit sans le commercialiser, on rencontre des problèmes.» Dit-il. Pour M. Sanghott, il y a pas assez de moyens au sein du ministère du Tourisme actuel. «Le ministre du Tourisme (M. Alioune Sarr) fait face à une concurrence rude. Les autres comptoirs comme le Maroc sont plus riches que le Sénégal.» Déplore t-il. En outre, un problème de formation se pose. Des artisans misent le plus sur l'exposition. Or, pour Sanghott, ce métier est fait pour fabriquer des œuvres d'art de ses propres mains avant de songer au commerce. Mais l'État finance de moins en moins dans le domaine de la formation, selon lui.  
Insécurité grandissante dans le village artisanal de Soumbédioune

 Au cœur du village, l'insécurité gagne du terrain. En déambulant, on ne voit aucune lampe d'éclairage. Les toits de certaines cantines, faites en paille ou en zinc, présentent des éraflures importantes. Ces dégradations sont causées par les pluies de l'année dernière. De plus, de nombreuses cases sont d'une vétusté très avancée. Rongés par les vents marines, la poussière issue des bois et les précipitations diluviennes, ces compartiments ne peuvent plus tenir.  Au fin fond, au bord de la mer, des jeunes fument de la cigarette. Ils présentent des caractéristiques agressives. Pour un autre artisan assis devant sa cantine, ces individus sèment la terreur dans le village. Sous le couvert de l'anonymat, cet homme d'une quarantaine d'année fait des révélations. «cet endroit manque de tout. Il y a pas de sécurité. Quand tu viens ici pendant la nuit, tu ne vois aucune lumière. Des pilleurs en profitent alors pour cambrioler nos marchandises.» Peste t-il. Il ajoute: «La plupart des artisans habitent aux Parcelles Assainies, à Grand-Yoff ou à Pikine. Donc ils ne peuvent pas passer la nuit ici pour surveiller.» D'après notre source, l'arrivée du président Abdoulaye Wade en 2000 a beaucoup aggravé les problèmes sécuritaires et économiques. En effet, la construction de l'autoroute de la Corniche-Ouest constitue une menace pour leur village, d'après lui. Les habitants en face ont du mal à traverser la route. Les risques d'accidents en sont les raisons. «Nous semblons être coupés du reste du pays. Avant la construction de cette route, presque tous les habitants de Dakar venaient ici pour visiter et acheter nos produits. Les touristes garaient leurs bus en face du village. C'était l'endroit qu'il adoraient le plus. Mais le président Wade est venu et a proposé son projet de construction d'une autoroute. Nous avons exprimé un refus catégorique. Mais ils nous ont négligé.» Regrette t-il. Ainsi, l'artisan estime que le village est d'une importance capitale et il faut l'entretenir. «le village est un patrimoine mais, on ne le valorise pas. Nous vivons des moments de galères dans ce milieu. Aucun membre du gouvernement ne nous soutient.» Affirme l'anonyme. 

Des artisans pessimistes par rapports aux promesses du chef de l'État: 



Le jeudi 05 mars 2020, le président Macky Sall a pris part au Salon International de l'artisanat. Sur ce, il a promis d'apporter de nombreuses mutations dans ce secteur. Parmi ces changements figure la transformation des unités de production artisanales en Petites et Moyennes Entreprises ou Industries (PME-PMI). Pour le chef de l'État, ceci va permettre aux acteurs de produire en qualité et en masse et de développer le secteur. Le président Macky Sall a évoqué, de plus, la poursuite de la réhabilitation des ateliers, l'équipement des centres de formation, l'aménagement des sites artisanaux, entre autres... Ainsi, pour parvenir à cette fin, la Banque Mondiale va verser 30 milliards de FCFA pour contribuer au perfectionnement de 32 000 artisans. La Délégation de l'Entreprenariat Rapide (DER) va aussi faire une participation de 2 à 3 milliards de FCFA pour appuyer financièrement les acteurs. Toutefois, les ayant-droits, trouvés au village artisanal Soumbédioune considèrent ces promesses du chef de l'État comme de «la poudre aux yeux cherchant à les divertir.» C'est l'avis de notre source anonyme. Ce dernier réfute les propos du président. «Chaque fois ils font des promesses. Mais nous, nous ne voyons rien du tout. Ces 30 milliards, c'est un faux débat. Parce que c'est une petite portion qui va en bénéficier. C'est anormal.» Fulmine t-il. Pour Mamadou Sanghott, «le président a une bonne initiative. Mais le problème est qu'on ne finance jamais ceux qui le méritent...on ne reconnaît pas qui est artisan ou qui ne l'est pas. Tout est pêle-mêle.» À la question de savoir si les acteurs ont déjà manifesté leur colère pour se faire entendre, les artisans répondent par la négative. Sous prétexte que le village est composé de clans. Si les uns s'accordent pour descendre dans la rue, d'autres préfèrent rester. En plus de cela, Les dirigeants du marché sont des personnes âgées. La plupart d'entre eux appartiennent à des castes. Ce sont des gens de paix et de dialogue. «Nous ne pouvons rien faire par rapport à cette situation. Ce sont des personnes très respectées. Nous ne voulons pas nous mettre aux antipodes de leurs ordres.» Évoque la même source sous le couvert de l'anonymat.
Le village artisanal de Soumbédioune constitue un lieu symbolique dans l'histoire du Sénégal. Néanmoins, sous le poids des complications, les artisans annoncent le début de sa belle mort. 

lundi 2 mars 2020

Confirmations et conseils d'Abdoulaye Diouf Sarr

                            
                                                           Le ministre de la Santé et de l'Action Solidaire 


En conférence de presse ce lundi, le ministre de la Santé et de l'Action Solidaire, Abdoulaye Diouf sarr, s'est prononcé sur le premier cas de Covid-19 confirmé, ce même jour, au Sénégal.

Le ministre de la Santé et de l'Action Solidaire a fourni des informations sur la situation du patient déclaré positif à l'institut Pasteur de Dakar. Selon m. Abdoulaye Diouf sarr, l'individu atteint de coronavirus, est au Sénégal depuis ce vendredi 26 février 2020. Ce, après avoir passé ses vacances à Nîmes. Il s'agit d'«un patient de nationalité française reçu en consultation et présentant une fièvre de 39º, un mal de gorge et des maux de têtes.» A annoncé le ministre sénégalais de la Santé. Pour le moment, le malade est mis en quarantaine au centre de traitement du service des maladies infectieuses de l'hôpital Fann. Toutefois, l'ancien ministre du tourisme estime que l'état du patient ne suscite aucune «inquiétude majeure» pour le moment. En outre, il affirme que toutes les dispositions vont être prises pour assurer la sécurité du patient et des sénégalais. «Le dispositif de surveillance et de riposte au Covid-19 est renforcé et tous les moyens sont mis en œuvre pour circonscrire la maladie.» A déclaré m. Abdoulaye Diouf sarr. Ce dernier a aussi invité les citoyens sénégalais à la sérénité et à la vigilance, vue la gravité de l'épidémie. 
Le coronavirus parue en décembre 2019 dans la ville chinoise de Wuhan, fait actuellement plus de 3000 morts. Près de 80 100 cas sont recensés. Le Sénégal figure ainsi parmi les pays touchés par le nouveau coronavirus. Ce qui porte à 6, le nombre de cas en Afrique. 

La Banque Mondiale perfuse le système de santé du Sénégal

  Image d'illustration La Banque Mondiale accorde au Sénégal 135 millions de dollars, soit un peu plus de 70 milliards de FCFA. Des fond...