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lundi 27 avril 2020

LE NON-RESPECT DE LA DISTANCIATION SOCIALE: LA NÉGLIGENCE DE TROP

         
Non-respect de la distanciation sociale 
dans un marché de la place
          
            
Les mesures édictées par le ministère de la Santé et de l'Action Sociale pour se protéger de la covid-19 ne sont pas toutes respectées. Malgré la hausse du nombre des cas (823 cas dont 517 sous traitement à l'heure  où ces lignes sont écrites) certains continuent tout de même de braver les interdits. Ce, en se rassemblant dans les lieux publics, bafouant de facto l'une des mesures barrières les plus importantes: la distanciation sociale. La négligence de cette disposition préventive est décisive dans la propagation rapide du virus.

Les images devenues virales à travers les réseaux sociaux ou à travers les informations télévisées font froid dans le dos. En effet, nombreux sont les citoyens qui ne respectent pas la mesure consistant à distancer autrui à un mètre. C'est le constat fait dans certains lieux publics tels que les marchés, les boulangeries ou encore les gares routières. Ces zones, en tant qu'espaces de rassemblement, favorisent la formation des mouvements de foule. Des "va-et-vient" intenses s'y passent. Les principaux acteurs, motivés par leurs besoins, établissent souvent des interactions sociales importantes. À bien y voir, "les un mètre" de distance ne sont pas pris en compte. En conséquence, le contact corporel peut être un facteur probant dans la transmission du virus mortel.

Une sensibilisation peu convaincante, que faire? 

Jusque-là, le message semble être inaudible. Certains peinent à comprendre ce que c'est que la distanciation sociale dans leurs langues maternelles. Bien souvent, les autorités sanitaires ne prennent pas le temps de faire une traduction et une explication détaillées de cette mesure lors des points de presse quotidiens. Dans une population où les 2/3 sont analphabètes, il importe de mettre en application une stratégie de sensibilisation cohérente de tel enseigne que tout le monde puisse comprendre ce geste barrière. 
De plus, des actions et des illustrations menées sur le terrain pourraient permettre aux acteurs mercantiles de prendre leurs dispositions afin de vendre sans trop se rapprocher de leurs clients. 
Même son de cloche dans certaines boulangeries de la place qui constituent en ces temps de jeûne, de réelles bombes à retardement. Hormis le port de masque ou l'utilisation d'une solution hydro-alcoolique, la distanciation physique est trop négligée dans les rangs. 
D'autant plus, des mesures sécuritaires tendant à faire respecter l'écart d'un mètre, doivent être entreprises dans les gares routières. En effet, les voyageurs sur place, ne sachant plus à quel Saint se vouer à quelques minutes du couvre-feu, s'amassent auprès les arrêts de bus sans prendre leurs précautions. Dès qu'un transport urbain arrive, ils les pourchassent en désordre bravant l'interdiction sanitaire. 
Grosso modo, une bonne sensibilisation comprise par tous les acteurs sociaux peut bel et bien contribuer à barrer la route à la covid-19. Mais malheureusement, le feed-back du message des autorités sanitaires ne convainc pas sur le terrain. 


mardi 21 avril 2020

ÉLARGISSEMENT DES TESTS: LE «OUI...MAIS» DES SÉNÉGALAIS

                                     
                                     
                                                              

L'élargissement des tests effectués sur les cas suspects de covid-19 a pour possible conséquence, une hausse considérable du nombre des cas positifs. Comme indiqué, ce mardi, dans le communiqué nº51 du ministère de la Santé et de l'Action Sociale, 35 personnes sont déclarées positives sur 466 tests réalisés. Ces chiffres records suscitent d'innombrables réactions. Des citoyens interrogés donnent leurs points de vus.

Le nombre est lourd, surprenant et laisse planer le doute. 466, tel est le chiffre intriguant des tests virologiques annoncés ce mardi par la Directrice Générale de la Santé, Dr. Marie Khemesse Ngom Ndiaye. À partir de ces prélèvements, 35 nouveaux cas de covid-19 sont confirmés. Des chiffres qui n'ont jamais été évoqués depuis l'entrée du coronavirus sur le territoire national le 02 mars dernier. Le ministère de la Santé et de l'Action Sociale explique la stratégie d'élargissement des tests par un besoin de détecter rapidement les contacts à haut risque et de les confiner. 
Mais, cette méthode par dépistage massif soulève moultes réactions chez de nombreux sénégalais. La psychose a pris place dans les esprits chez la plupart des auditeurs et téléspectateurs dès l'annonce des 446 tests effectués. Malgré tout, d'aucuns d'entre eux en voient des avantages. 
C'est le cas notamment de Demba Amar Anne, étudiant. «Ça leur permet d'accélérer les dépistages, d'élargir leurs champs de maîtrise. Parce que si on se limitait seulement à 100, là au même moment les gens confinés peuvent entrer en contact et se transmettre le virus.» Dit-il. Même son de cloche Pour Abdoulaye Diallo, lui aussi étudiant. «Le dépistage massif est à saluer car, non seulement ça va nous aider à épuiser dans les plus brefs délais le stock des cas suspects, mais ça va nous permettre d'identifier les cas asymptomatiques». Suggère-t-il. Nonobstant la fragilité du système de santé sénégalais, A. Diallo salue le dépistage massif parce que, dit-il, ça peut éviter la transmission communautaire du virus. Lui emboîtant le pas, Moussa Mané, habitant à Mbao estime qu'il est impératif de multiplier les prélèvements. Ce, sous prétexte de les traiter et d'éviter les engorgements. «Les tests doivent se multiplier au fur et à mesures que les cas suspects prennent de l'ampleur. parce qu'ils ne peuvent pas les confiner tous en même temps car si vous constatez bien, plus de 400 prélèvements sont faits. Donc cela veut dire forcément que les cas suspects ont augmenté.» Pense-t-il.
Cette nouvelle donne consistant à tester en masse des cas suspects de coronavirus regorgent des avantages certes. Mais certains soulèvent tout de même des zones d'ombres. La surcharge des hôpitaux, le manque de moyens, les défaillances du système de santé sénégalais, une possible explosion du nombre des cas sont de possibles scénarios face à la mise en application de cette stratégie de riposte. Pour S. M. Gueye, habitant de Louga dans la localité de Montagne, «Si chaque jour on a 30 cas, il pourrait arriver un moment où les places réservées aux personnes infectées seront insuffisantes. Et je ne pense pas que les services médicaux qui se trouvent au Sénégal peuvent les contenir parce que même les autorités sanitaires ont signifié qu'il aura un moment où on pourra plus les contenir.» Cette même assertion est confirmée par Demba Anne: «Si les gens ne guérissent pas, ils ne vont pas libérer les lieux. Si d'autres patients entrent en hospitalisation, il y aura un problème de contingence. Un problème de manque de lit va se constituer.» 
Le Sénégal compte à ce jour 412 cas de covid-19. 242 sont guéris, 05 patients sont décédés, une personne est évacuée et 164 patients sont à l'heure actuelle sous traitement. Un bilan qui pourrait s'alourdir en cas de massification des dépistages dans les prochains jours.

lundi 13 avril 2020

POSSIBLE REPORT DES ENSEIGNEMENTS: CERTAINS ÉLÈVES S'ANGOISSENT





La fermeture des écoles en raison de la pandémie du coronavirus est, au début, bien accueillie par tous. Mais depuis l'annonce du report des cours  jusqu'au 4 mai prochain, c'est l'ire et la consternation pour certains élèves. Les stigmates de crainte d'une possible perturbation de l'année scolaire se lisent sur leurs visages.

La décision prise par le gouvernement en conseil des Ministres de suspendre les cours jusqu'au 4 mai prochain ne fait pas l'unanimité chez les apprenants. Autrement dit, certains d'entre eux vivent difficilement la situation. Obligés de rester à la maison pour des vacances partielles, ils expriment un sentiment d'anxiété. L'angoisse de voir l'année scolaire prolongée jusqu'à des mois lointains est vive chez eux. la seule envie qu'ils ont est de retourner en classe. 
Samuel, élève en classe de terminale est chez lui, sis à l'unité 24 des parcelles assainies. Depuis la fermeture de l'école, le candidat au Bac s'est auto-confiné. En famille, il passe ses vacances. Toutefois, les traces d'inquiétude transparaissent sur son visage en raison de la perturbation de l'année. «Nous souhaitons continuer les cours. Mais comme vous le savez, c'est le virus qui est passé par là. Alors ils sont obligés de fermer les écoles pour diminuer risques de contamination. Mais nous, nous ne cessons de nous demander quand est-ce que va terminer l'année scolaire?» Se questionne t-il. Toute sa pensée est axée sur un possible report des cours jusqu'à une date ultérieure. Raison pour laquelle il reste indécis. Il perçoit la suspension des enseignements, comme une source de pénalisation. «Plus ils reportent les cours, plus ça devient compliqué pour nous. Normalement la date des épreuves de l'anticipé de philosophie devrait être fixée à la date du 29 mai. Mais à l'heure actuelle nous sommes perplexes car on ne sait pas s'ils seront annulés ou pas.» Dit-il. En ce qui concerne l'apprentissage en ligne via certaines chaînes de télévision ou de certains sites web, Samuel juge cette idée inconcevable. Faire cours en classe devant ses professeurs est, selon lui, plus convenable. «ça n'arrange personne. Ce serait intéressant si l'élève est en mesure d'interagir avec son professeur. Il peut arriver qu'on nous explique une chose incompréhensible. Mais on a pas de canal pour poser des questions afin qu'on nous clarifie ces choses.» Déplore Samuel. Toutefois, le candidat au Bac garde le sourire en espérant une bonne issue de la crise. 
Tout comme lui, nombreux sont ceux qui expriment du déplaisir en raison de la suspension temporaire des cours. C'est le cas notamment de Zeyna, candidate elle aussi au Bac cette année. Chez elle depuis le report temporaire des cours, elle assure que le sémi-confinement est une obligation vu que la situation sanitaire l'exige. Cependant, elle ne cesse de songer au sort qui leur sera réservé. Contactée puis interpellée sur la possibilité d'un report des enseignements, elle affirme «ça ne nous arrange pas parce que le programme n'est pas encore terminé. Les devoirs du second semestre n'ont pas encore démarré alors que nous devons faire le Bac.» La candidate au Bac reste catégorique. Pour elle, il est hors de question de retourner en classe en ces temps de crise sanitaire. Selon elle, l'État doit procéder à des alternatives afin de sauver l'année. « La meilleure chose à faire, à mon avis, est de déposer les sujets de chaque matière au niveau des écoles. Dans ce cas, les élèves pourront les récupérer et faire leurs devoirs à la maison puis les rendre.» Propose t-elle. Par ailleurs, Zeyna juge nécessaire de faciliter la tâche aux élèves en leur allégeant les heures de cours. La suppression de certaines matières peut, selon elle, être décisive dans le cadre d'un possible réaménagement du calendrier scolaire.
L'espoir d'une année agréable laisse place au désespoir. Les propositions pullulent. Les élèves ne savent plus par quel Saint se vouer. Mais les apprenants en classe d'examen ne sont pas seulement concernés par la crise scolaire causée par le coronavirus. Les autres potaches expriment également les mêmes regrets
Parmi ceux-ci, figurent Modou, élève en classe de seconde dans un lycée aux parcelles assainies. Retrouvé chez lui, Modou est seul dans sa chambre logée au premier étage. En ces temps de congé, l'élève passe l'après-midi dans sa chambre où l'on note un calme notoire. Selon lui, c'est son seul lieu de confort, en ces périodes de sémi-confinement. Parlant de la question de la fermeture des écoles, il considère que c'est une bonne décision. Mais suspendre la rentrée au-delà du mois de mai est une mauvaise nouvelle d'après lui. «Je crains que l'année scolaire soit prolongée. Parce que tout porte à croire que la maladie va évoluer jusqu'à nouvel ordre...En plus, si les mois à venir coïncideraient à la saison des pluies ça pourrait causer d'énormes problèmes.» Confie Modou avant d'ajouter: «Parce que le toit de notre classe en zinc présente des éraflures importantes où peut couler l'eau pluviale.» Affirme t-il. 
Même si le ministre de l'Éducation Nationale exclut toute idée d'une année blanche, ces élèves restent sceptiques. Leur plus grand souhait demeure fixe: que l'année scolaire soit sauve. 

samedi 11 avril 2020

LE CONFINEMENT PARTIEL: ET SI C'ÉTAIT LA SOLUTION FACE À LA PANDÉMIE DU COVID-19 AU SÉNÉGAL


Rassemblements dans un marché à Dakar


Le confinement partiel fait, de nos jours, couler beaucoup d'encre et de salive, compte tenu du mode de transmission de la maladie par voie communautaire. En effet, le virus circule au sein de la communauté et est susceptible de se propager massivement. Ainsi, il importe de cogiter en profondeur sur l'option du confinement ciblé, que d'aucuns jugent favorable pour enrayer la progression du covid-19 au Sénégal. 

Le Sénégal est «en guerre». Il doit donc choisir les bons boucliers pour éviter les coups. En réalité, le virus s'est échappé de la vigilance des autorités et se perd dans la nature. Il erre ainsi dans les régions de Dakar, de Thiès, de Diourbel ou encore de Louga. L'État multiplie, certes, les stratégies tendant à réduire les déplacements des populations dans les lieux publics ou dans les marchés. Mais l'heure nécessite la mise sur pied de nouvelles mesures beaucoup plus fortes et pertinentes pour stopper les mobilités urbaines, sachant que le moyen de transport préféré du virus est l'homme. Et si on ciblait les zones les plus touchées par la pandémie et les confiner ? Ceci peut, en effet, être un bon moyen non seulement de protection de la population, mais de diminution considérable du taux des cas positifs, voire la disparition de la maladie. Les guéris, étant plus nombreux que les personnes contaminées, diverses raisons doivent inciter le gouvernement à adopter cette disposition pour faire partir la pandémie une bonne fois pour toute.

Certaines franges de la population sénégalaise peinent à comprendre les dangers du coronavirus. Raison pour laquelle elles perpétuent les rassemblements dans certaines localités, dans les plages ou dans les grandes places. Rien qu'avant l'heure du couvre-feu, les quartiers les plus populeux de Dakar où d'autres régions grouillent de monde. Les va-et-vient se font crescendo. Le désordre et l'indiscipline se manifestent dans les vastes agglomérations. Pis encore, les mesures de prévention sont pour la plupart du temps négligées. La distanciation sociale d'un mètre, le lavage des mains, et les autres exigences sont relégués au second plan. La saleté, la poussière et la densité des flux installent une atmosphère d'insécurité sanitaire très avancée. C'est là, une bonne opportunité pour le virus de se déplacer et de se répandre. La chaîne de transmission communautaire ne fera que s'étendre. 

Le confinement partiel peut, dans ce cas de figure, s'imposer dans les localités affectées. C'est le cas à Dakar Ouest qui fait état de plus de 60 cas. Avec ses 06 quartiers (Mermoz, Sacré-cœur, Ngor, Yoff, Almadies et Ouakam), cette partie pourrait facilement être gérée car la plupart des 251.398 habitants qu'il compose, disposent des ressources leur permettant de supporter le confinement. Dakar Sud doit être également bien contrôlé. Avec plus de 45 cas, la commune de Médina est la plus touchée. En effet, les interactions sociales dans cette zone de la capitale font que les cas contacts se multiplient rapidement. De plus, les communes de Pikine et de Keur Massar constituent un grand danger vu la multiplicité des points de rencontre. Une grande partie des populations de ces localités sont nomades. Par conséquent, le virus peut bien être la chose la mieux partagée dans ces quartiers.

 Par ailleurs, la région de Louga, où le bilan ne cesse de se hisser, est bien partie pour être l'une des régions les plus affectées au Sénégal. Avec près de 20 cas, les risques de transmissions communautaires restent importants. En plus, les régions de Diourbel, de Tambacounda ou de Thiès deviennent de plus en plus absurdes avec la propagation des cas communautaires. Bref, les localités comprenant plus de cas (communautaires et contacts) doivent être ciblées et confinées. Parce que la maladie peut être chopée de plusieurs façons. Les cas communautaires peuvent engendrer d'autres cas contacts tout comme le contraire peut se faire. Si la pandémie ravage les pays du nord, c'est parce que les habitants se la transmettent en grand nombre et par voie communautaire; donc dans la totale méconnaissance. 

Certes, le chef de l'État, Macky Sall, n'exclut pas l'adoption d'autres mesures drastiques. Mais il doit songer à cibler les zones vulnérables et les cloîtrer avant que l'irréparable ne se produise. Ce confinement partiel, s'il est mis en application, doit cependant être rythmé d'un accompagnement. Les besoins en soins alimentaires et sanitaires des populations concernées doivent être satisfaits à la lettre. Celles-ci doivent figurer en première ligne aux bénéficiaires de l'aide alimentaire financée à 69 milliards FCFA (146 000 tonnes de denrées alimentaires pour 8 millions de sénégalais). 




mardi 7 avril 2020

LE SÉNÉGAL, ENTRE CRAINTE ET ESPOIR


Le Sénégal face au COVID-19

11 nouveaux cas de coronavirus ont été confirmés ce mardi par le ministère de la Santé et de l'Action Sociale. Parmi eux, 9 sont des cas contacts et les 2 restants sont des contaminations communautaires. désormais, le combat consiste pour les services du ministère de la Santé, à rompre la chaîne de transmission communautaire pour mieux lutter contre le Covid-19 au Sénégal.  

Deux jours après d'une nette stabilité, le nombre de cas de coronavirus connaît une hausse à deux chiffres. En effet, sur 110 tests réalisés, 11 sont déclarés positifs. D'après le Ministre de la Santé et de l'Action Sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, «Il s'agit de 09 cas contacts suivis par nos services, de 2 cas issus de la transmission communautaire.» Par ailleurs, des tests effectués sur 13 patients sont revenus négatifs. Dans la journée de ce mardi, le Sénégal compte 237 contaminés au total. «105 guéris, 02 décédés, 01 évacué et 129 sous traitement.» A renseigné le communiqué du ministère de la Santé et de l'Action Sociale. 
Après cinq jours de stupeur, l'espoir renaît. En effet, le nombre de patients rétrograde légèrement de la barre de 130 cas. En deux jours seulement, 7 personnes sont testées positives. Parmi eux 5 sont affectées par contact et les deux autres sont contaminées par transmission communautaire. Les raisons d'une telle abaissement s'expliquent en grande partie par la suspension des vols et les autres mesures adoptées par le gouvernement en mars. 

Le Sénégal ne compte plus de cas importés

Cérise sur le gâteau, ces mesures prises par le chef de l'État ont abouti à une baisse nette du nombre de cas importés. Lors de son point de presse du 02 avril 2020, le Directeur du Centre des Opérations d'Urgence sanitaire, Dr. Abdoulaye Bousso disait: «Après la fermeture  des frontères, nous ne devrions plus avoir de cas importés.» Ce, parce que les effets des décisions concernant la fermeture des frontières et l'arrêt des vols à l'Aéroport International Blaise Diagne doivent être évalués. Mais après trois semaines, les contaminés venant de l'étranger diminuent considérablement. Depuis maintenant trois jours, le Sénégal n'enregistre que des patients affectés par contacts ou par transmission communautaire. Toutefois, la lutte consiste désormais, à couper cette chaîne de contamination dans la communauté afin de mieux endiguer la propagation du virus dans le pays.

Freiner à tout prix la chaîne de transmission communautaire


Rond-point keur avant l'interdiction des déplacements 

La contamination par voie communautaire est actuellement le nouveau combat pour stopper la progression du virus. Depuis un certain temps, les services du ministère de la Santé laissaient entendre que le vrai problème reste cette forme de contagion. Mais les armes semblent être réunis pour mieux freiner les cas ayant reçu une infection inconnue. Dans le communiqué de ce mardi, le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr, a relevé que le Comité National de Gestion des Épidémies a tenu une rencontre le lundi dernier. L'objet de cette réunion est de se concerter sur le phénomène de la transmission communautaire. Au sortir de la rencontre, deux grandes décisions ont été prises. De prime abord, chaque région va être administrée par son gouverneur respectif. Ces derniers, en collaboration avec les forces de sécurité, vont se charger d'instaurer des règles pour mieux prévenir la maladie. «Les comités régionaux de Gestion des Épidémies avec l'appui des Forces de défense et de sécurité, doivent systématiquement mettre en œuvre leurs propres stratégies pour endiguer la propagation du Covid-19.» A annoncé le ministre de la Santé.
De plus, le Comité de National de Gestion des Épidémies a notifié que les corps des patients décédés du coronavirus à l'étranger ne seront pas rapatriés. Ceci permet selon M. Abdoulaye Diouf Sarr de mieux éviter le transfert du virus par voie communautaire. «Au regard du fort risque de contagion lié à la manipulation des dépouilles, aucun transfert de corps provenant de pays infectés ne devra être permis.» A tranché la même source.
Au terme de son speech, le ministre de la Santé et de l'Action Sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a renouvelé à la population son appel au respect strict des mesures de prévention.

mercredi 1 avril 2020

LE COVID-19, UNE LEÇON D'ÉCONOMIE POUR LE SÉNÉGAL

             
Le Covid-19 au Sénégal
       

Le Sénégal, placé dans le lot des pays les moins avancés (PMA), n'est pas à l'abri d'une crise économique majeure si la pandémie de coronavirus continue de sévir sur son sol. En effet, de nombreux secteurs de l'économie subissent des remous car mis à l'arrêt. En tout état de cause, le Covid-19 donne au Sénégal de nombreuses leçons d'économie. 

L'arrivée de la pandémie de coronavirus sur le territoire national a poussé le président de la République, Macky Sall, à prendre des mesures pour entraver son évolution. Mais ces dispositions gouvernementales peuvent avoir de fortes répercussions sur l'économie du pays. Actuellement, de nombreux secteurs d'activité économique trainent à la patte. C'est l'exemple du domaine de l'aéronautique, du tourisme, du commerce, des hydrocarbures, des TIC, etc. De plus, les franges de la société les plus vulnérables risquent d'être exposées. Elles peuvent être handicapées par les conséquences économiques des mesures de restriction de la maladie. Le Sénégal, appartenant à la classe des pays dépendants, n'a plus l'occasion d'importer; les portes du monde étant fermées par la pandémie. D'ores et déjà, il doit se replier sur soi-même pour assurer sa propre survie. Il doit se donner les politiques de ses moyens pour solutionner aux contrecoups économiques de la maladie sur la population. Ainsi, on peut dire que le COVID-19 a réussi un gros exploit: donner des leçons d'économie au chef de l'État qui a, pour une grande partie, relégué au second plan, des priorités essentielles pour satisfaire les besoins des sénégalais.

  Favoriser la consommation locale

La progression du covid-19 oblige le Sénégal à se cramponner sur le consommer local pour éviter un choc alimentaire. En réalité, ses principaux partenaires économiques comme la Chine, la France, Thaïlande ou l'Inde ont réduit considérablement leurs vols aux pays étrangers. Importer des produits alimentaires n'est plus donc à l'ordre du jour. Pour pallier cette situation, l'État du Sénégal compte regrouper les moyens agricoles nécessaires afin de subvenir aux besoins de la population. «Au ministère de l'Agriculture, nous sommes en train de préparer une stratégie de riposte pour que notre agriculture puisse assurer la sécurité alimentaire du pays dès l'année prochaine. Nous avons fait beaucoup d'efforts dans le programme national d'autosuffisance en riz mais nous ne sommes pas allés jusqu'au bout.» Avait affirmé le ministre de l'Agriculture et de l'Équipement Rural, Moussa Baldé, lors d'une interview accordée à «L'Obs». Le covid-19 a sur ce point réussi à montrer au gouvernement l'importance de favoriser le consommer local au détriment des produits importés. C'est en effet, l'un des aspects les plus fondamentaux et répondants aux besoins premiers de la satisfaction populaire. À ce jour,  même si la Ministre du Commerce, Aminata Assome Diatta a stipulé que le marché national est suffisamment approvisionné de marchandises il n'est pas permis de se sentir indemne des désastres économiques que peut engendrer le coronavirus. 

  De l'importance de la transparence et de la célérité dans exploitation des hydrocarbures

Actuellement, les cours du baril pétrolier ont chuté de 20%, leur plus bas niveau depuis 2002. Le Sénégal, alors acheteur d'or noir dans les pays comme par exemple l'Arabie Saoudite, doit faire face aux impacts sur le secteur pétrolier. D'ailleurs, la production des premiers barils de pétrole commercialisables dans le pays est reporté jusqu'à nouvel ordre. Le coronavirus est passé par-là. Prévues pour 2023, ces productions connaissent leur troisième report. Ainsi, l'économie sénégalaise vient d'encaisser un coup dur du fait de cette annulation. Par ricochet, la population est obligée de payer les pots cassés en ce qui concerne le paiement des prix de l'électricité mais aussi de l'essence. Selon l'économiste Meissa Babou, «puisque les cours du pétrole ont chuté, l'État du Sénégal devra être regardant sur les populations.» À l'en croire, les prix de l'électricité et de l'essence doivent être baissés de telles sortes que les transporteurs, les usines et tout le monde puissent s'y retrouver. En guise de conclusion, le coronavirus laisse transparaître les retards notés dans le secteur de l'exploitation du pétrole. Mais surtout, le flou sur la transparence. À rappeler que la «fameuse» enquête de BBC reste toujours gravée dans les mémoires.

  Quid des projets «budgétivores» réalisés dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE)?

Force est de reconnaître que le gouvernement sénégalais a dépensé beaucoup d'argent pour la réalisation de certains projets. Inscrites dans le contexte du PSE, de nombreuses infrastructures «budgétivores» sont actuellement en ralentissement, voire, à l'arrêt. ''Corona'' oblige. Parmi ces projets, on peut citer par exemple le Train Express Régional (TER), estimé à plus de 600 milliards de FCFA selon le gouvernement, le stade Olympique de Diamniadio, évalué à 155 milliards de nos francs et le Palais des Sports de Diamniadio ou Dakar Aréna (66 milliards de FCFA). Ainsi, avec l'existence de la maladie, on peut se poser plusieurs questions pour nous renseigner sur l'importance ou non de ces projets. Sont-ils utiles pour enrayer la progression de la pandémie ? Sont-ils nécessaires pour assurer la protection des populations? L'argent versé sur ces infrastructures Peut-il être récupéré en ces temps de crise sanitaire? Ces projets sont-ils essentiellement prioritaires? De nombreuses questions susceptibles d'être des sujets à débattre. Mais de toutes façons, l'État devait reconnaître que les édifices tels que Dakar Aréna, le TER, le stade olympique de Diamniadio, l'arène national, entre autres, ne peuvent en rien apporter quelque chose pour éradiquer le coronavirus. Le covid-19 donne une fois de plus une leçon d'économie au chef de l'État. Une leçon consistant à accorder la priorité aux projets de premières nécessités.

La Banque Mondiale perfuse le système de santé du Sénégal

  Image d'illustration La Banque Mondiale accorde au Sénégal 135 millions de dollars, soit un peu plus de 70 milliards de FCFA. Des fond...