Le Sénégal, placé dans le lot des pays les moins avancés (PMA), n'est pas à l'abri d'une crise économique majeure si la pandémie de coronavirus continue de sévir sur son sol. En effet, de nombreux secteurs de l'économie subissent des remous car mis à l'arrêt. En tout état de cause, le Covid-19 donne au Sénégal de nombreuses leçons d'économie.
L'arrivée de la pandémie de coronavirus sur le territoire national a poussé le président de la République, Macky Sall, à prendre des mesures pour entraver son évolution. Mais ces dispositions gouvernementales peuvent avoir de fortes répercussions sur l'économie du pays. Actuellement, de nombreux secteurs d'activité économique trainent à la patte. C'est l'exemple du domaine de l'aéronautique, du tourisme, du commerce, des hydrocarbures, des TIC, etc. De plus, les franges de la société les plus vulnérables risquent d'être exposées. Elles peuvent être handicapées par les conséquences économiques des mesures de restriction de la maladie. Le Sénégal, appartenant à la classe des pays dépendants, n'a plus l'occasion d'importer; les portes du monde étant fermées par la pandémie. D'ores et déjà, il doit se replier sur soi-même pour assurer sa propre survie. Il doit se donner les politiques de ses moyens pour solutionner aux contrecoups économiques de la maladie sur la population. Ainsi, on peut dire que le COVID-19 a réussi un gros exploit: donner des leçons d'économie au chef de l'État qui a, pour une grande partie, relégué au second plan, des priorités essentielles pour satisfaire les besoins des sénégalais.
Favoriser la consommation locale
La progression du covid-19 oblige le Sénégal à se cramponner sur le consommer local pour éviter un choc alimentaire. En réalité, ses principaux partenaires économiques comme la Chine, la France, Thaïlande ou l'Inde ont réduit considérablement leurs vols aux pays étrangers. Importer des produits alimentaires n'est plus donc à l'ordre du jour. Pour pallier cette situation, l'État du Sénégal compte regrouper les moyens agricoles nécessaires afin de subvenir aux besoins de la population. «Au ministère de l'Agriculture, nous sommes en train de préparer une stratégie de riposte pour que notre agriculture puisse assurer la sécurité alimentaire du pays dès l'année prochaine. Nous avons fait beaucoup d'efforts dans le programme national d'autosuffisance en riz mais nous ne sommes pas allés jusqu'au bout.» Avait affirmé le ministre de l'Agriculture et de l'Équipement Rural, Moussa Baldé, lors d'une interview accordée à «L'Obs». Le covid-19 a sur ce point réussi à montrer au gouvernement l'importance de favoriser le consommer local au détriment des produits importés. C'est en effet, l'un des aspects les plus fondamentaux et répondants aux besoins premiers de la satisfaction populaire. À ce jour, même si la Ministre du Commerce, Aminata Assome Diatta a stipulé que le marché national est suffisamment approvisionné de marchandises il n'est pas permis de se sentir indemne des désastres économiques que peut engendrer le coronavirus.
De l'importance de la transparence et de la célérité dans exploitation des hydrocarbures
Actuellement, les cours du baril pétrolier ont chuté de 20%, leur plus bas niveau depuis 2002. Le Sénégal, alors acheteur d'or noir dans les pays comme par exemple l'Arabie Saoudite, doit faire face aux impacts sur le secteur pétrolier. D'ailleurs, la production des premiers barils de pétrole commercialisables dans le pays est reporté jusqu'à nouvel ordre. Le coronavirus est passé par-là. Prévues pour 2023, ces productions connaissent leur troisième report. Ainsi, l'économie sénégalaise vient d'encaisser un coup dur du fait de cette annulation. Par ricochet, la population est obligée de payer les pots cassés en ce qui concerne le paiement des prix de l'électricité mais aussi de l'essence. Selon l'économiste Meissa Babou, «puisque les cours du pétrole ont chuté, l'État du Sénégal devra être regardant sur les populations.» À l'en croire, les prix de l'électricité et de l'essence doivent être baissés de telles sortes que les transporteurs, les usines et tout le monde puissent s'y retrouver. En guise de conclusion, le coronavirus laisse transparaître les retards notés dans le secteur de l'exploitation du pétrole. Mais surtout, le flou sur la transparence. À rappeler que la «fameuse» enquête de BBC reste toujours gravée dans les mémoires.
Quid des projets «budgétivores» réalisés dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE)?
Force est de reconnaître que le gouvernement sénégalais a dépensé beaucoup d'argent pour la réalisation de certains projets. Inscrites dans le contexte du PSE, de nombreuses infrastructures «budgétivores» sont actuellement en ralentissement, voire, à l'arrêt. ''Corona'' oblige. Parmi ces projets, on peut citer par exemple le Train Express Régional (TER), estimé à plus de 600 milliards de FCFA selon le gouvernement, le stade Olympique de Diamniadio, évalué à 155 milliards de nos francs et le Palais des Sports de Diamniadio ou Dakar Aréna (66 milliards de FCFA). Ainsi, avec l'existence de la maladie, on peut se poser plusieurs questions pour nous renseigner sur l'importance ou non de ces projets. Sont-ils utiles pour enrayer la progression de la pandémie ? Sont-ils nécessaires pour assurer la protection des populations? L'argent versé sur ces infrastructures Peut-il être récupéré en ces temps de crise sanitaire? Ces projets sont-ils essentiellement prioritaires? De nombreuses questions susceptibles d'être des sujets à débattre. Mais de toutes façons, l'État devait reconnaître que les édifices tels que Dakar Aréna, le TER, le stade olympique de Diamniadio, l'arène national, entre autres, ne peuvent en rien apporter quelque chose pour éradiquer le coronavirus. Le covid-19 donne une fois de plus une leçon d'économie au chef de l'État. Une leçon consistant à accorder la priorité aux projets de premières nécessités.

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