L'état d'urgence assorti de couvre-feu décrété par le chef de l'État ne laisse plus personne indifférent. À quelques minutes du coup d'envoi, c'est le sauve-qui-peut dans certaines localités. À l'unité 25 des Parcelles Assainies, les habitants ne dérogent pas à la règle. Reportage!
À 19h30, c'est la course contre la montre à l'Unité 25 des Parcelles Assainies. Les rues s'emplissent de passants. Jeunes et adultes prennent d'assaut les boutiques. Les cantines de lait caillé et les restaurants bondent de clients. Les trois boulangeries de la place grouillent de monde. Tous veulent coûte que coûte quitter ces lieux avec de quoi mettre sous la dent. Certains n'hésitent pas à prendre la fuite avant que l'heure du couvre-feu ne les retrouvent dehors. À cet instant, la nuit annonce sa tombée. Les vendeurs sur les trottoirs rangent leurs marchandises. La chaussée se vide de ses voitures. Seuls des cris d'exclamations animent le quartier. «Rentrez il est presque l'heure!» Ironise un habitant de la localité.
Les parcellois de l'unité 25 semblent comprendre la nouvelle règle du jeu. Sortir à l'heure du couvre-feu est strictement interdit. Les forces de l'ordre rodent sans cessent dans les rues de la localité. La moindre infraction est sanctionnée. Retrouvé près de la boulangerie avec ses amis, Lamine achète du café. Mais il se prépare pour retourner chez lui. «Je m'apprête à rentrer chez moi tout de suite. Ces gens (les forces de l'ordre) ne badinent pas. Soit ils t'attrapent soit ils te tabassent.» Reconnaît-il.
À moins de 15 minutes, les ouvriers commencent à fermer leurs places. Certains refusent même de recevoir des clients. Ils suivent à la lettre les nouvelles directives de l'État. Dans un salon de coiffure, il n'y a personne. Seuls le propriétaire, Mamadou Diallo, est à l'intérieur avec des enfants. Teint clair, sourire au coin des lèvres, Il considère que l'application des nouvelles règles n'est pas la bienvenue pour eux. «Le couvre-feu n'est pas facile à supporter car ça nous empêche de travailler convenablement. Parce que nous, nous travaillons toute la soirée.» Le coiffeur estime que l'arrivée de la maladie a pour une grande partie modifié son planning quotidien. Toutefois, il garde espoir et se conforme à la loi sur le couvre-feu. «Nous nous soumettons aux règlements parce que c'est la volonté divine. Nous devons aussi respecter les dispositions du ministère de la Santé car les décisions que prennent le pouvoir c'est pour nous protéger.» Dit-il. Pour Boubabar, vendeur de café, «je perds de l'argent car si on ne vend rien, on ne gagne rien. À ce niveau là je commence à tomber en faillite. Au début certains de mes clients attendaient la nuit pour acheter du café mais maintenant ce n'est plus le cas.» Déplore-il.
À 20h, tout est calme. Tout le monde passe le reste de la soirée chez soi. Couvre-feu oblige. C'est à 06h du matin qu'il prend fin. À rappeler que le président de la République avait déclaré l'état d'urgence assorti de couvre-feu en début de semaine. L'objectif est de freiner la propagation de la pandémie de coronavirus sur le territoire national. Le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye avait annoncé que sortir au-delà de 20h est punissable d'un emprisonnement de 2 mois ou de 2 ans de prison avec une amende pouvant aller de 20 000 à 500 000 FCFA.

Bon reportage et c'est tellement dur ces temps ci pour les "goor goorlou" qui sont obligés de se conformer aux règles malgré les problèmes financiers qu'ils rencontrent
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