Comme chaque dimanche matin, Mbaye Ndiaye vient à la plage de Diamalaye pour se consacrer au foot de plage, plus connu sous l’anglicisme Beach Soccer. Âgé d’une vingtaine d’année, cet habitant des HLM Grand-Médine enchaine les matchs et les victoires depuis son arrivée tôt ce matin. De teint noir, maillot Barça imbibé de sueur, jambes couvertes de sable et bouteille d’eau à la main, Mbaye s’apprête à rentrer chez lui. Parlant du foot à la plage, il exprime sa passion sur ce sport tant prisé. “Chaque dimanche je viens à la plage avec mes amis pour jouer au foot. Nous faisons cela depuis maintenant 10 ans. Le football est une vive passion pour moi. Nous sommes dans un pays où tout le monde le pratique, que ce soit dans les quartiers ou dans les terrains de foot. Mais nous, nous avons choisi la plage car il y a plus d’espace et c’est plus passionnant ”, estime-t-il.
Tout comme Mbaye, des centaines de jeunes viennent de partout pour jouer au beach soccer dans la matinée de ce dimanche. Sous un soleil de plomb, ils montent des “petits camps” long des plages allant de Cambérène à Yoff. Formant des équipes de six, ces passionnés de foot jouent, pieds nus, avec ardeur. À cela s’ajoutent la physique, la technique et la rapidité à l’image de l’équipe nationale de Beach Soccer qui ne cesse d’enchainer les performances. En effet, les hommes du coach Ngalla Sylla ont démarré en puissance la coupe du monde de Beach Soccer qui se tient présentement en Russie. Ce, en battant l’Uruguay lors de leur premier match vendredi dernier 6 buts à 1 et en l’emportant hier face au Portugal 5 buts à 3. De bons exploits que rêvent de réaliser les plus jeunes. Toutefois, selon eux, le foot de plage reste l’un des sports les plus rabaisser. Pour Mbaye Ndiaye, le manque d’appui en est la cause : “Il y a beaucoup de jeunes talentueux qui viennent chaque fois ici et qui font de grands matchs. Ils rêvent tous de faire leur carrière dans le foot de plage. Mais il n’y a aucun promoteur qui vient ne serait-ce que pour superviser les jeunes talents ici ”, déplore-t-il.
Quelques pas en direction de la plage de BCEAO, un groupe d’amis est en train de jouer au ballon rond devant la mer. Munis de dossards vert et jaune, ceux-ci, ayant l’air d’être professionnels, jouent avec rigueur tout en respectant les règles du football. Assis à même le sol, Adama Ndoye figure dans l’équipe qui va jouer le prochain match. Casquette noire à tête, tenue de sport et genouillère bien serrées, Adama dit avoir pratiqué le beach soccer dans le championnat du Sénégal. Un sport qui, dit-il, est en net recul. Ceci s’explique, d’après lui, par l’absence de moyens financiers. “Les moyens manquent dans le foot de plage. Les équipes ne sont pas assez outillées. Elles sont dévalorisées. Les équipes devraient suffisamment être appuyées vue que l’équipe nationale fait de bonnes performances chaque année” déclare-t-il en gesticulant. Adama Ndoye cite de plus d’autres raisons qui rabaissent le beach soccer, parmi lesquelles figure le football européen. Il déclare : “la plupart des gens s’intéressent plus aux championnats européens comme la ligue des champions. Parce qu’il y a plus de moyens et cela contribue à la dévalorisation du beach soccer. Les gens sont plus focalisés aux équipes à l’étranger que les clubs de beach soccer ici ” argue Adama Ndoye.
Ainsi, pour donner la chance aux jeunes talents, certains considèrent que les promoteurs doivent assister aux foots de plage et recruter les plus talentueux dans les clubs de foot. C’est le cas de Moussa Kane, venu en voiture avec ses amis aux parcelles Assainies pour jouer au ballon rond. Long de taille, barbe couvrant son visage, Moussa voue une passion débordante pour le football. Seulement pour lui, nombreux sont les jeunes qui rêvent de réussir dans le football. Ceux-ci, doivent selon lui, être appuyés pour leur faciliter la réussite dans le football. “ Il y a beaucoup de jeunes qui rêvent d’être footballeurs professionnels de nos jours. Ils ont abandonné les études et n’ont que la plage pour s’adonner au football. Ils viennent ici tout le temps et s’entrainent durement. Il faut savoir que le foot de plage est plus difficile que le foot dans les terrains gazonnés. Les promoteurs doivent donc penser à prendre part aux matchs de plages pour repérer les jeunes talents”, affirme Moussa Kane. Qui ajoute : “ Il faut donc que les autorités en charge du football au Sénégal viennent en appui aux jeunes ici. Ils sont pétris de talents et ils méritent d’être recrutés dans les championnats ou dans les équipes nationales ”.
Intégrer l’équipe nationale de Beach Soccer, c’est le souhait de nombreux jeunes à la plage. Mais malgré leurs profondes ambitions, ils restent bloqués par des moyens financiers.
Moustapha Diakhité

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