Rechercher...

samedi 21 août 2021

CAMPAGNE NATIONALE DE VACCINATION : Pénurie de vaccins au district Dakar-Nord


Image d'illustration

Alors que la vaccination se déroule bien à la Place de la Nation située au centre de Dakar, une pénurie de vaccins est en cours à l’heure actuelle dans certains centres de santé, au district Dakar-Nord.

C’est la cohue ce mercredi matin au centre de santé Nabil Choucair sis à la Patte d’Oie. Devant l’entrée principale, automobilistes, marchands ambulants, piétons et patients s’offrent un bain de foule. Les uns vaquant à leurs occupations, les autres entrant ou sortant de l’hôpital. Munis de leurs masques, malades, visiteurs et candidats aux test Covid-19 font la queue sur de longs banquets en bois déposés près de la porte du centre de santé. Ils attendent d’être appelés par les soignants. À l’intérieur de la structure sanitaire des va-et-vient s’enchainent dans les couloirs. Les agents sécurités, soucieux des enjeux sécuritaires, contrôlent les flux de patients dans les corridors et sur le jardin. Une affluence inédite dans l’hôpital Nabil Choucair surtout en ces temps de pandémie marqués par la virulence du variant delta.
Toutefois, malgré la présence de plusieurs dizaines de visiteurs dans le centre sanitaire, aucune personne n’est venue se faire vacciner. Ce, du fait de la suspension de la campagne de vaccination. Approchée de près à l’entrée, une source médicale renseigne. “Il n’y a pas de vaccination aujourd’hui. La campagne est suspendue depuis plusieurs semaines du fait de la non disponibilité des vaccins ”, souffle-elle. Une déclaration que confirme une autre source de bonne foi, bien parée dans sa blouse rose floquée du logo du ministère de la Santé et l’Action Sociale. Croisée dans les couloirs, elle révèle suite à une un échange “Nous sommes en rupture de stock depuis un certain temps. Raison pour laquelle on ne vaccine plus. Les 3 types de vaccins, à savoir l’AstraZeneca, le Sinopharm et celui de Johnson & Johnson manquent. Mais la campagne va redémarrer pour bientôt car d’autres vaccins (140 160 doses d’AstraZeneca) ont été réceptionnés récemment”, explique-t-elle. Mais relancée pour plus d’informations pour le cas des vaccins chinois et américains, cette dernière répond par un hochement des épaules et renvoie la balle au niveau des autorités hospitalières. 
Une pénurie de doses confirmée au sommet. Il faut monter à l’étage, en passant par le jardin, pour faire face au local où sont nichés les bureaux de la médecin-cheffe et ceux de ses assistants. Derrière le portail noir en grille, pointe le vigil. La médecin-cheffe étant absente, ses secrétaires indiquent alors que la superviseure de la vaccination est plus habilitée à s’adresser à la presse. La superviseure, c’est docteur Awa Mbaye. Trouvée dans son bureau, la dame de taille courte, aux lunettes et au masque bien portés est en plein dans l’œuvre. Yeux rivés sur ses nombreux documents, docteur Mbaye, stylo à la main droite, se sent perturbée. Interpellée sur l’arrêt de la campagne de vaccination au centre Nabil Choucair, elle affirme : “Actuellement on n’administre pas de vaccins parce qu’il n’y a pas de vaccins. Les doses qu’on avait acquises sont épuisées depuis un certain moment ”. À la tentative de la tirer les vers du nez pour plus d’informations, Dr. Mbaye coupe court, justifiant que son supérieur est mieux informé qu’elle. 
Situé au district nord, le centre de santé Nabil Choucair est l’un des points de vaccination les plus fréquentés. “Au début, la vaccination se faisait sur le parking, à la devanture du centre car il y avait beaucoup de candidats qui venaient se faire vacciner. Mais maintenant, c’est à la grande porte du stade Léopold Sédar Senghor que cela se fait. Ce, pour éviter les rassemblements ici et les risques de contamination ” explique la source médicale trouvée à l’entrée. Toutefois, Nabil Choucair n’est pas le seul centre de santé affecté par une rupture de stock.

Le centre Mame Abdou Aziz Dabakh en attente de ses prochaines doses 

À quelques mètres de là, cap au centre de santé Mame Abdou Aziz Dabakh des Parcelles Assainies. Contrairement à la forte affluence à l’hôpital Nabil Choucair, patients et visiteurs viennent à compte-goutte ce mercredi au centre sanitaire située à quelques pas de la municipalité. Immersion à l’intérieur, la distanciation physique et le port de masque sont respectés par les clients. Installés sur le long du banc circulaire fait en carreaux, ces derniers attendent également d’être consultés par les soignants. Mais dans le couloir menant à la zone de vaccination, un silence de mort règne. Seuls les pas des ménagères font échos dans certaines pièces. Aucune personne n’est venue se faire vacciner ce jour. Un fait que confirme docteur Sané,  la responsable de la vaccination au centre de santé Mame Abdou Aziz Dabakh. Trouvée dans son bureau, la professionnelle de santé à la blouse de médecin et aux lunettes bien portées étudie avec concentration ses fiches tenues dans ses mains. Évoquant la situation de la vaccination dans le centre sanitaire, elle informe : “À l’heure actuelle on ne fait pas de vaccination parce que les doses sont épuisées. Mais on ne va pas tarder à relancer la campagne car les vaccins arrivent. On n’a passé notre commande auprès du ministère de la Santé et de l’Action Sociale ” dit-elle d’une voix rauque. 
La situation au centre de santé Nabil Choucair est similaire à celle qui prévaut qu’à Mame Abdou Aziz Dabakh. 14h, le médecin-chef du centre sanitaire, Dr. Abdoulaye Senghor, vient de quitter la zone tampon, où sont pris en charge les patients atteint de la Covid-19. Trouvé dans son bureau situé à l’étage, M. Senghor reçoit tour à tour ses visiteurs. Blouse blanche couvrant son costume noir, coudes posés sur sa table, le médecin-chef annonce à son tour l’arrivée de prochaines doses de vaccins. “On a reçu des doses de vaccins d’AstraZeneca qui sont là. Nos propres doses sont en train d’être acheminés. Et si possible la campagne pourrait reprendre dès demain (jeudi) pour ceux qui avaient pris leurs premières doses d’AstraZeneca et ceux qui n’ont pas encore été vaccinés ” certifie-t-il. En ce qui concerne les vaccins Sinopharm et Johnson & Johnson, Dr. Abdoulaye Senghor confirme la pénurie et révèle : “Pour l’instant on ne peut que nous contenter de ce qui est sur la table. Puisque ce sont les vaccins d’AstraZeneca qui sont disponibles, on s’en limite. Parce que ces vaccins nous ont été administrés par le biais de l’initiative Covax. Maintenant pour le cas des vaccins Sinopharm et Johnson & Johnson, il faut un partenariat avec les présidents des pays respectifs de ces vaccins pour en avoir ” déclare le médecin-chef du centre de santé Mame Abdou Aziz Dabakh qui invite par ailleurs les populations, particulièrement les personnes âgées à venir se faire vacciner pour mieux se prémunir.
Moustapha Diakhité

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

La Banque Mondiale perfuse le système de santé du Sénégal

  Image d'illustration La Banque Mondiale accorde au Sénégal 135 millions de dollars, soit un peu plus de 70 milliards de FCFA. Des fond...