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jeudi 28 mai 2020

S'ENTRAINER À TOUT PRIX MALGRÉ LA PRÉSENCE DU VIRUS


Des jeunes jouent au foot à la plage
                             
               
Le sport reste une activité indispensable pour bon nombre de citoyens. Mais en ces temps de crise sanitaire, rares sont les sportifs qui respectent les gestes barrières. À la plage de Diamalaye, les gens travaillent leurs corps. La présence du virus est reléguée au second plan. Reportage!

Ce matin sur la plage de Diamalaye, Babacar Diouf fait passionnément ses activités physiques. Ce jeune maçon en même temps lutteur est un amoureux du sport. Allure  achalandée, il se livre au "Bakou" (danse traditionnelle des lutteurs) après chaque séance d'appui-avant. Selon lui, rester un jour sans s'entrainer est inimaginable. «Moi je suis un lutteur. Je m'entraine pour être en forme. Rester un jour sans faire du sport ce n'est même pas bon.» Confie-t-il. Jeune d'une vingtaine d'années, teint noir, équipements bien serrés et sueurs coulant sur tout son corps, B. Diouf porte tout sauf un masque de protection. Toutefois, d'après lui, la covid-19 ne l'ébranle guère. «Non ce n'est pas un problème. Je m'entraine tout simplement. Quand je terminerai mes activités, je rentrerai. Et une fois avoir pris mon bain je peux enfiler mon masque et utiliser un gel hydro-alcoolique.» Lance le sportif, confiant.
Quelques pas après se trouve Mohamed. L'homme de petite taille, la quarantaine dépassée, est en pleine séance physique. Visage clair, pieds ensevelis par le sable, Mohamed répond au "salamék" avec un rire jaune. La perturbation semble être mal appréciée. Interpelé sur ce qui lui pousse à s'activer sans se protéger, il répond: «Je fais du sport et puis c'est tout. Vous savez j'avais fais un accident vasculaire cérébrale (AVC) ces derniers jours et on m'a recommandé de faire du sport couramment.» Révèle-t-il avant d'ajouter: «Je ne peux pas faire cela à la maison car là-bas il n'y a pas d'espace. Alors je suis obligé de sortir dans un espace aéré, surtout avec le sable pour mieux en profiter.» Témoigne le sportif.
La plage de Diamalaye accueille ce jour de nombreux sportifs. La majorité sont des jeunes. Chacun d'entre eux pratique le sport de son choix. Certains viennent en groupe avec un ballon; le foot est au rendez-vous. D'aucuns font du jogging et d'autres font des séances physiques. Ici, presque personne ne prend en considération la présence du nouveau coronavirus. La joie de recouvrer la liberté l'emporte sur la contrainte liée au virus mortel. Nonobstant cela, d'aucuns prennent leurs précautions en arborant un masque de protection. C'est le cas notamment de Fred, assis à même le sol après avoir effectué des étirements. «Je prends très au sérieux la maladie. En venant, j'ai porté mon masque pour me protéger parce que j'entrais en contact avec les gens. Mais à mon arrivée,  je l'ai enlevé pour mieux m'entrainer car c'est impossible de s'entrainer en portant un masque.» Justifie-t-il. 

Les forces de sécurité surveillent la plage de Diamalaye

Dans ce contexte d'assouplissement des mesures barrières, la plage semble être le seul rempart pour bon nombre de jeunes, d'adultes et de personnes âgées. Cependant les risques de propagation restent encore réelles vu que de nombreux citoyens négligent considérablement les gestes de prévention comme par exemple le port de masque et la distanciation physique d'au moins un mètre. Mais pour instaurer l'ordre, des éléments de la brigade de la proximité de Yoff rôdent sur la plage de Diamalaye. Leurs objectifs consistent à disperser toute formation de foule mais aussi pour empêcher les déplacements inutiles. Lorsqu'une fille faisant du jogging se présente, un agent de sécurité l'alpague et l'a signifie de rebrousser chemin. Mais elle est finalement sauvée par un autre limier. «On est là pour interdire les rassemblements. Si on laisse les gens venir ici, ils vont former des regroupements et ça ce n'est pas bon.» Nous souffle une source policière. 
La plage de Diamalaye se situe à Dakar-Nord. Là, 386 cas de covid-19 sont recensés par les services du ministère de la Santé. Malgré ce chiffre, les gens vaquent à leurs activités sportives, joviaux, tout en bottant en touche le virus. 

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