Regroupés ce mercredi matin au terminus Liberté 05 pour être convoyés dans leurs régions respectives, les enseignants ont exprimé des réticences face aux conditions posées par le ministre de l'Éducation Nationale et son homologue des Transports Terrestres.
L'atmosphère a été vive dans la matinée de ce mercredi au terminus Liberté 05. Les enseignants en partance de Dakar pour Louga, Saint-Louis, Fatick ou Kaolack ont pris d'assaut les lieux pour les besoins de leurs transports. Rassemblés sous le soleil, ils sont contraints par des pénuries de bus et sont exposés aux risques de propagation du nouveau coronavirus. Agacés par les conditions de leurs acheminements, "les soldats de la craie" ont exprimé leurs colères aux ministres de l'Éducation Nationale et à celui des Transports Terrestres. «Depuis ce matin nous sommes là. Ils nous ont dit que deux bus pour Nioro sont seulement disponibles, les autres bus ne sont pas encore sur place. Ils nous ont dit alors de patienter. Nous nous sommes adressés auprès du représentant du ministère de l'Éducation Nationale. Mais ce dernier n'a rien à nous dire que de rester là toute la journée. Nous ne l'accepterons pas!» Rouscaille Pape Ousmane Diop, professeur. Pour madame Sagna: «On nous a convoqué à 14h mais nous sommes là depuis ce matin. Les choses sont confuses ici. Nous n'avons pas encore de bus pour nous transporter. Mais nous espérons.»
Tenaillés entre désorganisations, bousculades, famine et fatigue, les enseignants ont estimé que le mode opératoire mis en place pour assurer leur convoyage est inopérant. Sur la base de cela, certains ont proposé des solutions. «Ce serait mieux s'ils nous conduiraient près de nos villages. Mais ils ne le ferons pas. Ils vont nous déposer très loin dans les départements.» A pensé madame Sagna. Par ailleurs, d'autres ont proposé une décentralisation des points de départ pour éviter le possible transfert et transport du virus.
Présent sur les lieux pour s'enquérir de l'état de la situation, le Directeur Général de Dakar Dem Dikk, Moussa Diop, a tourné en dérision les frustrations des instituteurs. Selon lui, seule la discipline peut permettre de mener à bien l'opération dans la transparence. «Nous n'avons pas besoin d'enseigner les bonnes méthodes aux éducateurs. Ils devraient faire la queue devant chaque bus qui leur sont respectives.» Minimise M. Diop. Toutefois, le Dg de Dakar Dem Dikk a reconnu que de nombreux manquements ont perturbé le trafic. Mais, il a apporté des précisions en renvoyant la responsabilité au ministère de l'Éducation Nationale. «On nous a donné une base de données avec 27 personnes. Mais quand nous sommes venus ici, nous avons trouvé 377. Alors pour ne pas gâcher l'affaire j'ai donné instruction pour qu'on m'amène d'autres bus afin de transporter tout le monde.» A déclaré m. Moussa Diop.
L'annonce faite par le ministère de l'Éducation Nationale d'assurer le transport des enseignants a pris ces derniers de court. Dans la journée d'hier seulement (mardi), de nombreux instituteurs ont répondu à l'appel. Ironie du sort, des rassemblements dangereux et des bousculades de foule se sont produits. Le même scénario s'est également reproduit à un moment donné ce mercredi. Mais les sécurités ont imposé la formation des queues pour une bonne organisation. Ce jeudi 28, d'autres enseignants vont être encore transportés.

Bien écrit Le Visionnaire keep doing
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