Le confinement partiel fait, de nos jours, couler beaucoup d'encre et de salive, compte tenu du mode de transmission de la maladie par voie communautaire. En effet, le virus circule au sein de la communauté et est susceptible de se propager massivement. Ainsi, il importe de cogiter en profondeur sur l'option du confinement ciblé, que d'aucuns jugent favorable pour enrayer la progression du covid-19 au Sénégal.
Le Sénégal est «en guerre». Il doit donc choisir les bons boucliers pour éviter les coups. En réalité, le virus s'est échappé de la vigilance des autorités et se perd dans la nature. Il erre ainsi dans les régions de Dakar, de Thiès, de Diourbel ou encore de Louga. L'État multiplie, certes, les stratégies tendant à réduire les déplacements des populations dans les lieux publics ou dans les marchés. Mais l'heure nécessite la mise sur pied de nouvelles mesures beaucoup plus fortes et pertinentes pour stopper les mobilités urbaines, sachant que le moyen de transport préféré du virus est l'homme. Et si on ciblait les zones les plus touchées par la pandémie et les confiner ? Ceci peut, en effet, être un bon moyen non seulement de protection de la population, mais de diminution considérable du taux des cas positifs, voire la disparition de la maladie. Les guéris, étant plus nombreux que les personnes contaminées, diverses raisons doivent inciter le gouvernement à adopter cette disposition pour faire partir la pandémie une bonne fois pour toute.
Certaines franges de la population sénégalaise peinent à comprendre les dangers du coronavirus. Raison pour laquelle elles perpétuent les rassemblements dans certaines localités, dans les plages ou dans les grandes places. Rien qu'avant l'heure du couvre-feu, les quartiers les plus populeux de Dakar où d'autres régions grouillent de monde. Les va-et-vient se font crescendo. Le désordre et l'indiscipline se manifestent dans les vastes agglomérations. Pis encore, les mesures de prévention sont pour la plupart du temps négligées. La distanciation sociale d'un mètre, le lavage des mains, et les autres exigences sont relégués au second plan. La saleté, la poussière et la densité des flux installent une atmosphère d'insécurité sanitaire très avancée. C'est là, une bonne opportunité pour le virus de se déplacer et de se répandre. La chaîne de transmission communautaire ne fera que s'étendre.
Le confinement partiel peut, dans ce cas de figure, s'imposer dans les localités affectées. C'est le cas à Dakar Ouest qui fait état de plus de 60 cas. Avec ses 06 quartiers (Mermoz, Sacré-cœur, Ngor, Yoff, Almadies et Ouakam), cette partie pourrait facilement être gérée car la plupart des 251.398 habitants qu'il compose, disposent des ressources leur permettant de supporter le confinement. Dakar Sud doit être également bien contrôlé. Avec plus de 45 cas, la commune de Médina est la plus touchée. En effet, les interactions sociales dans cette zone de la capitale font que les cas contacts se multiplient rapidement. De plus, les communes de Pikine et de Keur Massar constituent un grand danger vu la multiplicité des points de rencontre. Une grande partie des populations de ces localités sont nomades. Par conséquent, le virus peut bien être la chose la mieux partagée dans ces quartiers.
Par ailleurs, la région de Louga, où le bilan ne cesse de se hisser, est bien partie pour être l'une des régions les plus affectées au Sénégal. Avec près de 20 cas, les risques de transmissions communautaires restent importants. En plus, les régions de Diourbel, de Tambacounda ou de Thiès deviennent de plus en plus absurdes avec la propagation des cas communautaires. Bref, les localités comprenant plus de cas (communautaires et contacts) doivent être ciblées et confinées. Parce que la maladie peut être chopée de plusieurs façons. Les cas communautaires peuvent engendrer d'autres cas contacts tout comme le contraire peut se faire. Si la pandémie ravage les pays du nord, c'est parce que les habitants se la transmettent en grand nombre et par voie communautaire; donc dans la totale méconnaissance.
Certes, le chef de l'État, Macky Sall, n'exclut pas l'adoption d'autres mesures drastiques. Mais il doit songer à cibler les zones vulnérables et les cloîtrer avant que l'irréparable ne se produise. Ce confinement partiel, s'il est mis en application, doit cependant être rythmé d'un accompagnement. Les besoins en soins alimentaires et sanitaires des populations concernées doivent être satisfaits à la lettre. Celles-ci doivent figurer en première ligne aux bénéficiaires de l'aide alimentaire financée à 69 milliards FCFA (146 000 tonnes de denrées alimentaires pour 8 millions de sénégalais).

Bien dit et bien fait... très informatif et instructif
RépondreSupprimerUne parfaite analyse et puis y a des chiffres. Bonne continuation Moustapha.
RépondreSupprimer