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mercredi 5 février 2020

XHALIL FALL OU LE BARON DU RAP SÉNÉGALAIS

Xhalil Fall au cours d'un ''cypher''

L'une des spécificités du rap sénégalais est de fleurir dans chaque génération de nouveaux talents. Xhalil Fall, rappeur aux parcelles assainies, fait partie de ces mélomanes qui ne vivent que du rap. Pape Ibrahima Fall de son vrai nom, ce jeune musicien de 25 ans s'est confié à ''L'actuel''.  

«La musique, c'est aussi grand que l'univers, il suffit juste d'oser.» Cette citation d'Henri Salvador illustre parfaitement le parcours qu'est en train de dérouler Xhalil Fall, rappeur aux parcelles Assainies. Ce jeune, vivant le rap comme une passion excessive, montre son talent à chaque tour de podium lors des rencontres de ''free-style'' (cypher). Ses exploits, découlent selon lui, d'un désir ardent de devenir le maître de sa génération. Sourire aux lèvres, bien à l'aise dans un ensemble de trucker jacket de couleur bleu et d'une sacoche noire accrochée au dos, Xhalil Fall raconte sa vision sur le hip hop au Sénégal. Interrogé sur ce qui l'a poussé à choisir cette voie, il affirme: «J'ai commencé le rap depuis l'âge jeune car je viens d'une famille où l'on vit de la musique. Mon père était guitariste. Mes grands frères aussi font de la musique. Mais ce sont mes amis de Diourbel et un peu partout de Dakar qui m'ont beaucoup influencé. Raison pour laquelle je suis dans le milieu actuellement.» Le chemin est encore long tout comme la longueur démesurée de son objectif, nous dit le rappeur. Avec deux vidéos de type ''free-style'' (Baron et Hopis) et un son (horoscope) très appréciés d'ailleurs par ses fans, le baron (comme on le surnomme) espère devenir un jour un monument incontournable du rap sénégalais. «C'est une compétition. Tout commence par le fait de se donner les moyens en s'engageant dans une rude concurrence positive pour avoir ce que l'on veut dans le milieu.» Assure-t-il. «Je ne sais pas ce que le bon Dieu décidera pour moi, mais je veux figurer parmi les nº1 du monde du rap.» Croit-il.

–Parcelles Assainies, la capitale du rap. 

La pratique est coutumière. À chaque possiblilité, Xhalil Fall et quelques rappeurs, regroupés dans une association, organisent des rencontres dans chaque quartier parcellois. Communément appelées ''cypher'', ces entrevues visent, selon Xhalil Fall, à redonner à la commune des Parcelles Assainies son lustre d'antan dans le domaine du rap. «Nous disons que la capitale du hip hop c'est aux Parcelles Assainies. Parce que toutes les têtes de file du rap dont Gaston, Alien Zik etc. venaient d'ici. Maintenant nous avons constaté depuis 5 ans que le rap perd du terrain. Alors on s'est dit que nous allons faire des rencontres de jeunes rappeurs en organisant des manifestations à travers des cyphers pour faire revivre le rap aux parcelles Assainies.» Explique Xhalil avant d'ajouter «Notre mode opératoire consiste à aller dans chaque quartier où il y a des rappeurs et une culture urbaine pour faire triompher leurs noms. C'est une question d'engagement mais aussi d'objectif.» Pape Ibrahima Fall veut se faire un nom dans le hip hop sénégalais. Un vœu qu'il juge possible mais pas facile. Toutefois selon lui, il faut suivre le mode de fonctionnement du rap avec le phénomène des ''clashs'' (échange de mots conflictuels) pour réussir dans le milieu.

4 commentaires:

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