Rechercher...

lundi 17 février 2020

DÉPRAVATION DES VALEURS CULTURELLES : LES ENSEIGNANTS FACE À UN GRAND DÉFI


Des élèves font cours dans cette classe sous la surveillance de l'institutrice.

Éduquer l'enfant à l'école est un combat de tous les jours pour les enseignants. En effet, dans une société où on assiste à une dépravation des valeurs culturelles, les instituteurs prennent des dispositions idoines pour conduire leurs élèves dans la voie droite. Reportage.

Il est 11h à l'école élémentaire, Parcelles Assainies Unité 24. Les élèves sont en récréation. Dans la cour, ils profitent d'une pause de 30 minutes. Certains d'entre eux prennent leurs goûters. D'autres jouent, courent et chantent. L'ambiance est conviviale. L'enseignant, Daouda Keïta, est satisfait de ce climat familial. Selon lui, «l'école est destinée à éduquer avant que les connaissances ne viennent. Quand on parle d'éducation, on fait allusion à la pédagogie et à la psychologie de l'enfant. On ne peut pas éduquer sans ces aspects...L'enfant quitte la famille pour rejoindre une autre sphère différente. Il retrouve ici un maître et d'autres enfants. Là, il faut l'habituer à la socialisation. C'est-à-dire accepter l'autre.» Dit-il. Dans une société où les bonnes valeurs culturelles sont en crise, éduquer est de plus en plus difficile. De nombreux adolescents s'imprègnent de comportements aux antipodes des bonnes mœurs. Ils subissent couramment l'influence de l'environnement social. Conscient de cette situation, M. Keïta rassure: «Il faut apprendre à l'enfant à bien se comporter. Il doit d'abord se laver, porter des habits décents et soigner son langage. On doit instaurer la discipline en l'apprenant de se mettre en rang avant d'entrer en classe. Ceci lui apprendra ce que c'est que l'ordre.» 
Dans le préscolaire élémentaire ''Les petits prodiges de Kër Mémé Aïssatou''', les élèves font cours. À l'intérieur, on n'entend que les voix des instituteurs. Dans un bureau juste après l'entrée, la Directrice, Makélé Keïta dite ''Maman" ordonne minutieusement les dossiers des apprenants. Interrogée sur les défis de l'enseignant face à la dépravation des mœurs, elle affirme: « Nous professons des leçons de vivre ensemble et de morale. À partir de ça, on essaie d'éduquer. Nous les suivons petit à petit dans la rue. Puisque nous sommes de la vieille école, on a encore le ''symbole'' pour leur permettre de parler le français. Nous les empêchons d'insulter et de proférer de gros mots. Et tout ça fait partie des leçons de vivre ensemble.» À l'en croire,  le curriculum met l'accent sur le vivre en communauté afin de permettre à l'enfant de savoir partager. De nombreuses activités culturelles font partie du programme scolaire, d'après elle. Ceci permet à l'élève d'être toujours entouré d'une famille différente de celle biologique.

«Les parents viennent rarement à l'école pour s'enquérir de la situation de leurs enfants.»

Toutefois cette exercice n'est pas une mince affaire. Il est, de nos jours, presque impossible de prodiguer à l'élève une culture différente de celle de sa famille. Ceci est en partie dû à la démission parentale mais aussi à la négligence des Droits culturels de l'enfance. De plus, certains adolescents, dominés par le pouvoir des réseaux sociaux, deviennent de facto prisonniers des loisirs, parfois futiles. «Il est rare de voir des parents venir à l'école pour s'enquérir de la situation de leurs enfants. Là ça pose problème car il y a pas que les enseignants. Il y a les parents, il y a les médias, les ''bajenu gox*'', les autorités locales. Tout ce système doit travailler en synergie pour pouvoir éduquer l'enfant.» Lance M. Daouda Keïta. 
En tant qu'éducateurs, les enseignants doivent instruire sans violenter. En effet, le curriculum interdit l'usage de moyen quelconque pour frapper l'apprenant. « Dans le primaire, il y a plus la cravache. Le châtiment corporel ne s'impose plus. Donc on ne doit plus frapper les élèves. Cette violence-là a disparu dans certaines écoles.» Affirme Mme. Makélé Keïta. Pour certains, la violence à l'école peut être source de dépression. Dans une note du site CNDRAO Sénégal, «le besoin de sécurité physique et émotionnelle fait partie des besoins psychologiques et émotionnels des enfants.» Les menaces, les humiliations, l'isolement etc, font peur à l'élève, d'après CNDRAO Sénégal. En guise de solution, la plateforme propose de créer une atmosphère d'apprentissage où les erreurs font partie de l'éducation. 
Éduquer n'est pas facile pour les instituteurs. Cependant, le but recherché est difficile à atteindre tant que les parents ne participent pas.

*Une femme de bonne volonté participant à la cohésion sociale

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

La Banque Mondiale perfuse le système de santé du Sénégal

  Image d'illustration La Banque Mondiale accorde au Sénégal 135 millions de dollars, soit un peu plus de 70 milliards de FCFA. Des fond...