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mercredi 26 février 2020

LA CIGARETTE, UN MONSTRE FROID FACE À LA JEUNESSE


                             
                                                            Un jeune est en train d'acheter des cigarettes.
                                                      
De nos jours, fumer devient la nouvelle tendance chez de nombreux adolescents. Dans les rues, dans les écoles, dans les habitations ou un peu partout dans l'espace publique, ils s'adonnent sans crainte au tabac. Une situation préoccupante selon la Ligue Sénégalaise de Lutte contre le Tabac (LISTAB).

Se promener, cigarette entre les lèvres, est la mode aujourd'hui. Une habitude très ancrée chez de nombreux jeunes. Fidèles fumeurs, ils ne se cachent guère. Ils sont partout présents dans les espaces publiques. Se montrer avec un tabac, fait d'eux, les rois de leur génération.
Il est 09h au stade de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. Sous le soleil matinal, les juniors de l'équipe de DUC s'entraînent. Sur les tribunes certains suivent avec concentration la séance. Des étudiants, quant à eux, révisent leurs leçons. D'autres manipulent leurs téléphones. Mais en descendant des escaliers du stade, de nombreux mégots de cigarettes traînent par terre. En effet, beaucoup de fumeurs fréquentent cette zone. Après quelques pas, un jeune homme s'accroupit par terre. Il s'agit de Seydou*, 26 ans. Teint noir, cheveux crépus, vêtu d'un maillot bleu et d'un pantalon noir, Seydou est en train d'écumer une cigarette. Interrogé sur ce qui l'incite à fumer, il affirme: «je peux dire que j'ai été influencé par mes amis de Ziguinchor et de Sédhiou car je les fréquentais beaucoup. Un jour, j'ai dit à certains parmi eux de m'en donner pour goûter. Depuis lors j'ai commencé à fumer.» Le jeune homme consomme de la cigarette depuis ses 21 ans. Cependant, il craint pour sa santé. Son rêve est de se séparer le plus rapidement possible de la cigarette. «Arrêter de fumer est un souhait que j'exprime tout le temps car ça cause une mort lente et dangereuse. Ça peut aussi engendrer des problèmes de respiration...J'avais fait une radiographie à l'hôpital et on m'a dit d'arrêter. Mais c'est un peu difficile.» Dit-il. Résister au désir de fumer est, selon lui, impossible. «Une fois qu'on commence, c'est difficile pour arrêter. Rester un moment sans le faire alors qu'on en a envie, fait mal à la tête. Tu ne te sens pas bien. Bref, tu es presque inconscient. Donc tu dois forcément fumer pour être en bonne forme.» Confie-t-il. 
Tout comme Seydou, de nombreux jeunes sont confrontés à l'addiction. L'envie de fumer les irrite à consommer souvent un paquet entier de cigarettes. Les conséquences de cette pratique se traduisent le plus souvent dans leurs émotions. À vrai dire, ces jeunes, jugés accrocs, expriment des émotions multiples. Ils ont tendance à être rapidement nerveux ou agressifs. Par ailleurs, la cigarette est à l'origine de 23 maladies directes comme par exemples le Cancer, les accidents vasculaires cérébrales ou les bronchopathies chroniques obstructives. D'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le tabac est l'une des principales causes de décès, de maladies ou d'appauvrissement. En effet, il tue 8 millions de personnes chaque année dans le monde. Plus de 7 millions d'entre elles sont des/ou d'anciens consommateurs. De plus, 1,2 million des non-fumeurs involontaires sont exposés à la fumée.

Interdire, à tout prix, l'accès aux jeunes à la cigarette

Siège de la LISTAB à Sacré-Cœur 3

Pour lutter contre le tabagisme, la Ligue Sénégalaise de lutte contre le Tabac (LISTAB) s'engage à mettre en application des méthodes «idoines». Selon le Secrétaire Exécutif de la LISTAB, Djibril Wélé, «Nous avons trois objectifs principaux. Le premier consiste à sensibiliser les populations sur les conséquences sanitaires liées au tabac. Deuxièmement, faire un plaidoyer au plus haut niveau de l'État pour que les textes et les lois soient appliqués et notre dernier point est de renforcer les capacités des acteurs, que ce soit la société civile ou le gouvernement, dans le but d'augmenter la taxation. Parce que c'est le seul moyen efficace pour lutter contre le tabac. Si vous augmenter les taxes, les jeunes ne vont plus avoir accès à la cigarette.» 

33,4% des jeunes (filles et garçons) fument à l'école

À en croire M. Wélé, la LISTAB est structurée en une trentaine d'organisations menant des activités à Dakar et dans les régions. Elles interviennent aussi dans les établissements scolaires les plus touchés par le tabagisme. « Des études ont montré que 90% des fumeurs actuels ont commencé à fumer à l'école. C'est la raison pour laquelle notre sensibilisation se fait dans les écoles car c'est là-bas où il y a la tranche jeune.» Révèle le Secrétaire Exécutif de la LISTAB. 
Quid de la loi 2014-14 du 28 mars 2014 relative à la fabrication, au conditionnement, à l'étiquetage, à la vente et à l'usage du tabac? 35 articles composent ladite loi. Mais la LISTAB reconnaît que des retards sont notés au niveau de l'application de certains points de cette réglementation. M. Djibril Wélé: «La loi a été rédigée en 2008. Elle a été votée en 2014...Mais il y a un processus de mis en œuvre. Parce que le tabac c'est un changement de comportement. Il n'est pas interdit de fumer mais il est interdit de fumer et d'enfumer. Mais certaines dispositions de la loi prennent en compte ce fait.» Dit-il. Toutefois, le Secrétaire Exécutif de la Ligue Sénégalaise de lutte contre le Tabac dénonce les violations notées dans certains téléfilms «où l'on fait passer de la publicité indirecte.» Ainsi, il souhaite que l'autorité agisse par rapports à ces actes. 

*Seydou: le nom est modifié

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