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vendredi 13 décembre 2019

`MARCHE DU COLLECTIF ÑOO LANK

                                           Mobilisation du collectif ''Noo Lank''         

De nombreux citoyens sénégalais, regroupés autour du collectif ''Ñoo Lank-Ñoo bagn'' (nous refusons), ont manifesté dans l'après-midi de ce vendredi 13 décembre 2019 de la place de l'Obélisque au rond-point RTS. Non à la hausse du prix de l'électricité et oui à la libération de Guy Marius Sagna, du Dr. Babacar Diop et des autres étudiants emprisonnés, tels ont été leurs révendications lors de la manifestation marquée par une forte présence des forces de l'ordre. 

La mobilisation a été forte ce vendredi 13 à la place de la nation. L'appel à la manifestation du collectif citoyen ''Ñoo Lank-Ñoo bagn'' a été respecté par de nombreux sénégalais. Jeunes, hommes, femmes, vieux, célébrités...tous ont crié haut et fort leur colère envers la politique menée par le gouvernement ces derniers jours. En effet, la hausse du prix de l'électricité, les arrestations de Guy Marius Sagna, du Dr. Babacar Diop et d'autres manifestants emprisonnés ont été les motifs de la mobilisation de ce 13 décembre.
À 15 heures précises, les premiers contestataires commencent déjà à occuper les artères de la place de l'Obélisque. Ils scandent en harmonie des cris comme ''Dafa Doyy!!!'' (ça suffit!!!). Au fil du temps, la mobilisation gagne du monde. Certains brandissent des pancartes, des slogans et des drapeaux transmettant des messages contre le président Macky Sall. Mais 2h plus tard, la place de la Nation bonde de contestataires. Avec la force apportée par les mouvements Y'en n'en marre, les Gilets Rouges, ''Aar liñu bokk'', les syndicats d'enseignants, entre autres, des cris de colères chantés en chœur fusent de toutes parts. 
En ce qui a trait à l'augmentation du prix de l'électricité, les protestants dénoncent vigoureusement cette mesure prise par le gouvernement. Ils somment au président Macky Sall de revoir sa position sur cette décision. «C'est une mauvaise politique de la part du gouvernement. L'électricité devrait diminuer au lieu de monter.» Affirme un manifestant. «Le PIB est très bas. Et en vue de cette situation nous sommes ici pour dire non face à ce régime qui est dictatorial, répressif et très violent.» Dénonce un autre. L'autre révendication  du jour est la libération dans les plus brefs délais des activistes arrêtés pour avoir marché  contre la hausse du prix de l'électricité devant le palais présidentiel. Sur ce, les manifestants brandissent leurs forces et accusent le chef de l'État de «dictateur». Selon le Directeur Exécutif d'Amnesty International au Sénégal, Seydi Gassama «Je suis venus participer à la marche pour d'abord dire non aux atteintes des droits des libertés. La liberté de manifester de façon pacifique est garantie par les textes internationaux, elle est garantie par la constitution du Sénégal et doit s'excercer partout sur le territoire national.» Le défenseur des droits de l'Homme d'ajouter «nous exigeons la liberté immédiate et sans conditions de Guy Marius Sagna, du Dr. Babacar Diop et de Tous les autres.» 
La cherté de la vie, la souffrance de la population nombreux sont les maux dénoncés par les contestataires présents sur place. «On ne peut pas accepter que l'on laisse libre comme l'air des trafiquants, des corrompus et qu'on arrête d'honnêtes citoyens engagés pour le peuple.» Dénonce un manifestant. Des hommes politiques marquent aussi leurs présence sur le terrain. C'est le cas de Thierno Bocoum qui dénonce la négligeance notée sur les préoccupations des populations. Des membres de la société civile répondent également à l'appel à la manisfestation. Selon le juge dème, «cette mobilisation permettra au gouvernement de comprendre que les sénégalais sont de grands protestants...Ceux qui nous dirigent doivent faire preuve d'exemplarité. Mais ce que nous voyons au Sénégal est que les dirigeants sont des profiteurs.» 
La manifestation commence à s'essouffler aux environs de 18h30. Malgré tout, les organisateurs se sont félicités du nombre de monde présent sur place. Fadel Barro salue la détermination de la population à dire non face aux problèmes quotidiens.  «On a vu que les jeunes et les étudiants se sont mobilisés. Quand dans un pays les jeunes se sentent concerner par un discours avant-gardiste, qui préserve la démocratie, les libertés et refusant cette hausse ça serait confortant.» Il réaffirme, «Si vous voyez cette forte attraction de jeunes, c'est de manière très spontanée et volontaire.» La mobilisation de ce vendredi sonne l'heure du réveil des consciences pour certains. Reste à voir maintenant la réaction du gouvernement dans les jours à venir. 

 Moustapha DIAKHITÉ 

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