C'est un métier pas comme les autres. La maçonnerie est l'un des boulots les plus rudes de tous. Malgré cela, nombreux sont ceux qui s'y activent. Certains y voient de quoi vivre. Mais d'autres le considèrent comme un métier dangereux.
Il travaille 10 heures de temps par jour. De 08h à 17h, le maçon est contraint de tenir bon. Tout au long de son travail, il fait preuve d'endurance. Ce, pour pouvoir supporter la lourdeur de la tâche qui lui est confié. En effet, la maçonnerie est l'un des métiers les plus difficiles au Sénégal. Soulever des sacs de ciment, rouler des brouettes de sables ou de bétons, faire usage de l'eau pour mélanger le tout, nécessité pour certains, une force athlétique. En plus de cela, s'ajoutent les nombreux risques et l'absence de sécurité. C'est ce que confirme Modou, maçon dans un chantier à Teunguedj. Engagé dans le métier de maçonnerie depuis l'âge jeune, Modou dit être confronté à de nombreux problèmes sanitaires ces derniers jours. «Dans ce métier, Il y a beaucoup d'effets négatifs sur notre santé car il y a trop de risques. Les objets lourds que nous soulevons peuvent causer des problèmes internes.» Dit-il. Or, les maçons continuent tout de même de persévérer. En fait, la pauvreté grandissante, le chômage endémique et le manque de moyens les poussent à pratiquer ce métier. «Nous ne faisons pas de la maçonnerie de notre gré. Souvent, nous sommes confrontés à des situations. Raison pour laquelle nous le faisons» Mais à la question de savoir si les chefs du chantier sont-ils exigeants? Modou répond par l'affirmative. À l'en croire, «nous n'osons pas refuser les ordres émanant du chef de chantier. Parce que nous voulons de quoi vivre. Ils nous imposent des charges difficiles qui ne nous arrangent pas. On s'en sort souvent avec des blessures.»
La maçonnerie est un travail qui demande beaucoup de courage. Beaucoup de savoir-faire et surtout de la rigueur. Toutefois, ces aspects du métier obligent certains à abandonner pour tenter l'aventure dans un autre métier. C'est le cas de Khadim, caissier dans une boutique à la zone de captage. Selon lui, la maçonnerie est un métier noble, mais elle est mal organisée ici au Sénégal. Revenant sur les raisons qui ont motivé son abandon, Khadim explique: «J'ai arrêté ce métier parce que l'argent qu'on nous paie se limite le plus souvent dans des frais sanitaires. On obtient beaucoup de blessures en travaillant. Et les patrons ne nous prennent pas en charge. Alors on est obligé de le faire nous-mêmes.» Confie-t-il. Il dénonce également l'exploitation grandissante dans la maçonnerie. «Il y a beaucoup d'exploitation dans ce métier. Le chef de chantier, en voulant imposer son autorité, abuse de la force des main-d'oeuvres et rejette leurs expériences.» Déplore t-il. En guise de solution, le caissier estime que l'État du Sénégal doit s'impliquer dans la pratique de ce métier. Selon lui, les personnes inexpérimentées doivent être remplacés par des d'autres ayant des compétences réquises pour faire de la maçonnerie. «Les techniciens en bâtiment ou encore les ingénieurs de ce genre doivent pratiquer ce métier. Les main-d'œuvres, inexpérimentés, ne sont pas habilités à le faire.» considère-t-il. La maçonnerie reste un métier très pratiqué au Sénégal. Mais les risques présentes dedans sont multiples.
Moustapha DIAKHITÉ
Moustapha DIAKHITÉ

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