Ils sont nombreux les ouvriers qui font de la tapisserie. Fauteuils, chaises, tables, armoires, lits, moquettes, coussins...tous émanent de leur savoir-faire. Ces artisans travaillent quotidiennement en toute passion. Malgré cela, certaines difficultés entachent leur métier.
À Gueule-tapée, sur l'avenue Rocade de Fann Bel-Air, les tapissiers, au bord de la route viennent à peine d'ouvrir. Sous le soleil dégageant une chaleur accablante, ils agencent étape par étape leurs meubles. Ils les rangent et les ordonnent de la façon la plus adéquate. Leur seul soucis quotidien est de susciter l'attraction du public. Ce souhait se concrétise couramment pour certains. Mais d'autres peuvent passer des journées sans voir l'ombre d'un client. Retrouvé seul dans sa place, assis sur une chaise, Saliou vient juste de terminer l'agencement de ses fauteuils. Teint noir, portant un pantalon et un lacoste blanc tamponné du logo de son équipe, Saliou est de bonne humeur. Il considère que son commerce marche bien. «Mes clients viennent en vague et achètent mes produits quelque soit les prix.» Dit-il. À l'en croire, beaucoup de visiteurs viennent dans sa place. Mais à la question de savoir si la tapisserie nourrit son homme? Saliou répond par la négative. «Ça ne nous nourrit pas. Raison pour laquelle nous sommes ici depuis des années. S'il nous enrichissait, nous ne serions pas là.» À cette heure, de nombreux ouvriers s'assoient sous l'ombre, de l'autre côté de la route. Le regard allant de gauche à droite, téléphone à l'oreille, pour certains, les ouvriers espèrent rentrer avec beaucoup d'argent. Mais ce rêve est dur à réaliser. «Le seul souci ici c'est la question des prix. Souvent on propose des prix à des clients. Mais ils le rejettent. Nous les vendons des meubles bien équipés. Mais eux ils ignorent cela.» Regrette Saliou. Toutefois, il estime qu'il est primordial de continuer de travailler en toute dignité. «Nous ne voyons pas l'État. Tout ce que nous faisons, provient de nous-mêmes...Nous investissons et nous formons des jeunes. Nous rendons grâce à Dieu en espérant l'amélioration de nos conditions sous peu.» Affirme-t-il. Il ajoute «moi je crois en ce que je fais. Je le fait et je partage mon expérience aux jeunes générations. Ce, pour que demain, ils puissent à leur tour honorer ce métier.» La tapisserie est un métier qui existe depuis longtemps au Sénégal. Certains tapissiers se sont installés à Fann-Bel-Air depuis l'ère Abdou Diouf. Actuellement, les artisans soutiennent que leurs condtions sont bien améliorées par rapport aux années passées.

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