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samedi 19 décembre 2020

THOMAS SANKARA OU L'APÔTRE DE LA CONSOMMATION LOCALE

 

Le capitaine Thomas Sankara

Porté à la tête du Burkina Faso le 04 aout 1983, suite à un coup d’État, l’ancien président-militaire Thomas Isidore Noël Sankara fît du consommé local l’un des aspects essentiels de ses 4 ans de gouvernance. A l’en croire, le sous-sol africain est doté d’immenses ressources naturelles pouvant leur procurer une entière autosuffisance en matière de consommation. Pour Thomas Sankara, cette aubaine peut servir d’arme pour combattre l’impérialisme et d’assurer une indépendance totale aux États africains. Né le 21 décembre 1949 à Yako au nord de l’ex-Haute-Volta et assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou, « le Che africain », comme on le surnomme, se voulait l’apôtre d’une Afrique autonome et bâtisseuse de sa propre destinée. Une Afrique où la dépendance vers l’extérieur prendra fin.  

« Notre pays produit suffisamment de quoi nous nourrir. Nous pouvons même dépasser notre production. Malheureusement par manque d’organisation, nous sommes obligés de tendre la main pour demander des aides alimentaires. Ces aides alimentaires qui nous bloquent, qui installent dans nos esprits cette habitude, ces reflexes de mendiant…» C‘est en ces termes que l’ancien président du Burkina Faso, Thomas Sankara, protestait contre l’importation des produits alimentaires. Selon lui, l’Afrique, en particulier le Burkina Faso, est capable de produire sa propre alimentation du fait de ses innombrables ressources vivrières. Il a mis en place au « pays des hommes intègres », une politique protectionniste mettant un terme aux importations.

Mais l’objectif principal de Thomas Sankara était de combattre l’impérialisme et le néocolonialisme qui, disait-il, constituent des entraves au développement du pays. Dans un discours, l’ancien président déclarait en guise d’explication : « Il y en a qui se demande où se trouve l’impérialisme ? L’impérialisme c’est lorsque vous mangez les graines de riz, de maïs, de mil importés qui se trouvent dans vos assiettes. C’est ça l’impérialisme ! »



Ainsi, se débarrasser de « ces traditions coloniales » consistait pour l’ancien président à  recourir à la production locale. Ce, en mobilisant les populations, galvanisées par la célèbre citation de Che Guevara « la patrie ou la mort ! » ou par la devise du pays instaurée par Sankara « nous vaincrons ! ».

En dehors de sa politique alimentaire locale, Thomas Sankara a établi, durant ses 4 ans de règne, le « made in Burkina » dans le port  vestimentaire. Il a, en effet, ordonné le port du « Faso Dan Fani » (pagne tissé de la patrie) pour éliminer l’habillement occidental et relancer la production du coton. Tenu traditionnel cousu par des tisserands burkinabés,  le « Faso Dan Fani » est considéré comme « un tissu emblématique à l’esprit patriotique ». Tous les hauts fonctionnaires de l’État devaient le porter avant de prendre service.

Le « 100% burkinabè » s’opérait, de plus, sur le plan de l’éducation. Sankara encadrait les plus jeunes, âgés de moins de 12 ans, à travers le ‘‘mouvement des pionniers’’. Inculqués d’idées de la révolution, ces pionniers sont formés « idéologiquement et politiquement » pour participer à la construction du pays. Les enfants constituaient, pour Thomas Sankara, la base de la révolution. Les imprégner d’esprit patriotique, équivaut à lutter de manière efficace contre les maux contraignant le développement du Burkina Faso.

La venue de Thomas Sankara au pouvoir en 1983 a marqué un tournant historique dans l’histoire de l’Afrique. Son opposition à « l’exploitation capitaliste » de la France l’a incité à lancer une révolution faisant du l’ex-Haute-Volta, un pays dépendant de sa propre production. Lors de son discours, (intitulé La liberté se conquiert) le 04 octobre 1984 devant l’assemblée générale de l’ONU, il déclarait : «…Nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui, le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité…» Selon lui, la bataille à l’émancipation de l’Afrique est possible dans la mesure où les dirigeants africains donnent à « leurs peuples une image fidèle, qui leur permette de réaliser des changements profonds de la situation sociale et politique susceptible de nous arracher de la domination et à l’exploitation étrangère. » 

Toutefois, ces idées politiques vont conduire à son assassinat le 15 octobre 1987 à Ouagadougou, lors du 5ème  coup d’État orchestré par son ancien conseiller principal, Blaise Compaoré, soutenu par des puissances étrangères. Sa mort a provoqué l'affaiblissement du « Sankarisme » au Burkina Faso et de l’ensemble des opinions politiques et révolutionnaires aux antipodes de l'impérialisme.

 

 

1 commentaire:

  1. Excellent mon cher Diakhite ,vraiment vous avez en cette article sorti la quintessence de la vie et l'œuvre de Thomas Isidore Noël Sankara.Respect mon frère et bonne continuation ,vous êtes un référence 🖐️🖐️🖐️🖐️

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